En pleine polémique sur les crèches privées, Toulouse s'engage pour la qualité de la petite enfance

Depuis la publication de deux livres mettant en lumière les dérives des crèches privées en France, le sujet enflamme les esprits. La ville de Toulouse a tenu à réaffirmer, vendredi 6 octobre, son engagement en faveur de la qualité de vie au travail des professionnels de la petite enfance, tout en se penchant sur des enjeux environnementaux.

Le débat sur les crèches privées fait rage depuis plusieurs semaines après la parution de deux livres sur le sujet. De grands groupes français aux nombreuses dérives sont pointées du doigt. La recherche de rentabilité pousserait certaines crèches à une forme de maltraitance.

Le maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc et son adjointe en charge de la petite enfance, Laurence Katzenmayer, ont profité de l'occasion, vendredi 6 octobre, pour faire le point sur la situation d'accueil des tout-petits dans les crèches municipales toulousaines.

Plus de 12 500 enfants sont accueillis dans toutes les structures (publiques, associatives, privées et assistantes maternelles), parmis eux, 5 330 le sont dans une structure directement gérée ou financée par la ville.

Pour l'instant, le taux d'encadrement des enfants est garanti au niveau toulousain, à savoir : 

  • 1 adulte pour 5 petits (qui ne marchent pas encore)
  • 1 adulte pour 8 enfants qui marchent

"Les personnels sont des professionnels avec une formation et une qualification professionnelles"

Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse

Pour répondre à cette exigence, il y a un besoin constant de personnel qualifié. Depuis 3 ans, les mairies sont confrontées à des problèmes de ressources humaines dans les domaines de l'enfance en particulier. 

Toulouse mise sur la formation et la qualité de vie au travail

La ville de Toulouse n'est pas épargnée. Pour tenter de palier cette situation, la mairie annonce un effort particulier (d'ici 2026) sur la formation et la qualité de vie au travail  :

  • mise en oeuvre de l'apprentissage sur les métiers de la petite enfance (en particulier auxiliaire de puériculture) d'ici 2026, un apprenti/crèche 
  • participation aux forums des métiers pour présenter les postes à pourvoir et les formations nécessaires pour mettre en avant les métiers sur lesquels il y a des difficultés de recrutement
  • revalorisations des salaires des métiers (faites en 2023)
  • être attentif à la qualité de vie au travail
  • inciter à la valorisation des acquis de l'expérience (VAE)
  • élaboration de formations qualifiantes ...

"il faut faire le maximum pour leur (les agents municipaux) porter attention, pour les fidéliser sur nos postes"

Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse

Un autre enjeu est visé, celui de l'environnement. Des projets de végétalisation, la réduction de l'utilisation du plastique (développement de la vaisselle durable) dans les crèches sont en cours de mise en place.

Des questions sur la gestion des crèches

La gestion des crèches a été transférée du CCAS (centre communal d'action sociale) de la ville de Toulouse ces derniers mois pour des raisons de gestion unifiée. Tous les agents ont désormais un seul et même statut.

Inquiet de ce rapprochement, Antoine Maurice, élu de l'opposition à la mairie, a interpellé le maire à ce sujet récemment.

Jean-Luc Moudenc dit être "habitué aux polémiques de l'opposition, il y a eu beaucoup de débats en conseil municipal et de concertation avec les agents du CCAS".

Laurence Katzenmayer, adjointe en charge de la petite enfance, a souhaité préciser qu'il existe déjà un organisme de contrôle des structures de la petite enfance, il s'agit de la PMI (protection maternelle et infantile, service géré par les conseils départementaux) qui effectue aussi des visites de contrôle.