Espace : fin de mission pour le satellite Sentinel-1B, l'ESA perd un informateur précieux sur l'état de la Terre

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L'ESA et la Commission européenne ont annoncé la fin de la mission du satellite Sentinel-1B qui a eu une avarie en décembre dernier et n'a pu être réparée. C'est une perte importante pour l'ESA, l'agence spatiale européenne.

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Suite à une panne, le satellite Copernicus Sentinel-1B a cessé de fonctionner le 23 décembre 2021. Les opérateurs et ingénieurs spatiaux ont travaillé à résoudre le problème en vain. Il provient d'une anomalie liée à l'alimentation de l'électronique de l'instrument fournie par la plate-forme satellitaire. Panne qui l'empêche de communiquer des données radar.

La mission de Sentinel-1B vient d'être déclarée terminée par la directrice des programmes d'observation de la Terre de l'ESA, Simonetta Cheli : "La conclusion tirée par l'Anomaly Review Board est qu'il est impossible de récupérer le bus régulé 28V de l'unité d'alimentation de l'antenne radar à synthèse d'ouverture en bande C du satellite, qui est nécessaire pour alimenter l'électronique du radar".

Technologie radar avancée

En avril 2014, Sentinel-1A a été le premier satellite lancé pour Copernicus, la composante d'observation de la Terre du programme spatial de l'Union européenne. Doté d'une technologie radar avancée, ce programme a permis de fournir une source d'images de la surface de la Terre par tous les temps, de jour comme de nuit.

"Sentinel-1A reste en très bonne santé en orbite, continuant à fournir des images radar de haute qualité pour une multitude d'applications, a précisé Simonetta Cheli. Notre objectif est d'accélérer le lancement de Sentinel-1C. Désormais, grâce au vol inaugural réussi de la fusée Vega-C le 13 juillet, nous visons avec Arianespace le lancement au deuxième trimestre".

Une importante perte de données

Mais cette défaillance du satellite Sentinel-1B représente une perte importante pour le programme spatial de l'Union européenne. Lancé en avril 2016, il a pu imager la planète avec une fréquence de répétition maximale de six jours, jusqu'à une couverture quotidienne aux hautes latitudes.

Il a permis notamment la surveillance des glaces de mer dans l'Arctique, le suivi des icebergs, la cartographie de routine des glaces de mer, la surveillance de la vitesse des glaciers, la surveillance de l'environnement marin, y compris la surveillance des déversements d'hydrocarbures et la détection des navires à des fins maritimes, la sécurité ainsi que la surveillance des pêches illégales.

Désorbitation "responsable"

Sentinel-1B était également utilisé pour surveiller la déformation du sol résultant de l'affaissement, des tremblements de terre et des éruptions volcaniques, la cartographie pour la gestion des forêts, de l'eau et des sols, et la cartographie pour soutenir l'aide humanitaire et les situations de crise.

"Alors que nous continuons à essayer de minimiser les inconvénients pour les utilisateurs et à mettre Sentinel-1C en orbite dès que possible, nous nous préparons également à l'élimination responsable de Sentinel-1B" a déclaré Pierre Potin, le responsable de la mission Sentinel-1 de l'ESA.

La désorbitation du satellite devrait être effectuée conformément aux exigences d'atténuation des débris spatiaux précisent les responsables du programme.