Évacuation "musclée" des élèves de sciences Po : "C'est un déni de démocratie", les professeurs de l'établissement scandalisés

L’évacuation "musclée" des étudiants de l'IEP ce mardi 30 avril par les forces de l'ordre à Toulouse suscite une polémique. Les policiers ont fait usage de leur matraque devant des jeunes qui n'étaient pourtant pas agressifs. Plusieurs enseignants de Sciences-Po dénoncent cette intervention sur les réseaux sociaux.

Fallait-il ou non utiliser les matraques pour évacuer les étudiants devant l'Institut d'Etudes Politiques de Toulouse ce mardi 30 avril ? La polémique enfle et certains enseignants de l'IEP prennent position. 

Évacués à coups de matraque

Comme à Paris, le conflit israélo-palestinien s’est invité à Sciences Po Toulouse. Un appel à rassemblement avait été lancé ce mardi après-midi. Ils étaient une centaine pour afficher leur soutien au peuple de Gaza. Et malgré la fermeture des portes par la direction, une cinquantaine de jeunes sont restés dedans jusqu'à leur expulsion.

Une expulsion "Musclée" devant les appareils photos et les caméras des journalistes présents. C'est sous les coups de matraque des forces de l'ordre que sont sortis les occupants. "Police partout, justice nulle part", ont scandé les manifestants en quittant les lieux.

Des enseignants scandalisés 

Le partage de ces images a aussitôt provoqué une vague de réactions. Fallait-il en arriver là ? Pourquoi une telle évacuation, alors que les jeunes eux-mêmes affirmaient "ne pas vouloir bloquer l'établissement"

Au lendemain de cette opération, plusieurs professeurs de l'Institut d'Etudes Politiques toulousain s'interrogent ouvertement sur les réseaux sociaux. C'est le cas de Delphine Espagno, enseignante-chercheuse, qui réclame dans un tweet des explications à la direction de l'établissement. 

"Un déni de démocratie"

Delphine Espagno qui nous précise ce mercredi : "jamais les forces de l'ordre n'ont été envoyées à Sciences Po Toulouse, même lorsque l'école a été occupée pendant plusieurs semaines d'affilée.". Elle voit dans cette opération "un déni de démocratie". 

Dès ce mardi soir, plusieurs enseignants ont pris position sur le réseau X pour dénoncer l'absence d'information, l'usage disproportionné de la force "et se désolidariser" de leur direction à l'image de Jérôme Vicente, lui aussi professeur à Sciences Po. 

Du rififi en interne

Des enseignants qui attendent désormais de savoir clairement qui a pris la décision de faire intervenir les forces de l'ordre : "Je suis scandalisée", affirme Delphine Espagno. "L'université c'est un lieu de dialogue, de liberté d'expression, pas de censure et surtout pas en employant la violence". 

Dans un tweet publié sur le réseau X, le directeur de l'Université toulouse Capitole s'est exprimé sur l'affaire ce mercredi 1er mai. Hugues Kenfach y affirme que la faculté "ne baissera jamais les bras lorsqu’il s’agit de lutter contre le racisme, l’antisemitisme et toutes formes de discriminations". 

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