Exclus du Ségur de la santé, les salariés des secteurs social et médico-social à nouveau mobilisés à Toulouse

Ils étaient une trentaine de salariés rassemblés ce matin devant les locaux de l’ARS à Toulouse. Des professionnels du secteur social et médico-social, public et privé, mobilisés pour dénoncer leur exclusion de la revalorisation de salaires et des métiers du Ségur de la santé.

Rassemblement des salariés du secteur médico-social devant l'ARS à Toulouse. Ils dénoncent leur exclusion de la revalorisation des salaires du Ségur de la santé
Rassemblement des salariés du secteur médico-social devant l'ARS à Toulouse. Ils dénoncent leur exclusion de la revalorisation des salaires du Ségur de la santé © FTV

Ces salariés du public et du privé des secteurs social et médico-social étaient rassemblés ce matin devant les locaux de l’Agence régionale de la santé. Des professionnels venus de la Haute-Garonne, de l’Aude, des Pyrénées-Orientales et de l’Ariège, rassemblés pour exprimer à nouveau leur colère. Comme partout en France, ces professionnels des métiers de l’aide à domicile, du handicap ou encore de la protection de l’enfance étaient mobilisés aujourd’hui pour dénoncer leur exclusion de la revalorisation des salaires et des métiers du Ségur de la Santé. Les accords du Ségur de la santé consacrent 8,2 milliards d'euros à la revalorisation des métiers des établissements de santé, des EHPAD et à l'attractivité de l'hôpital public.

"A travail égal, salaire égal"

"On se retrouve avec des disparités salariales", explique Florence Karbowski Secrétaire Générale Adjointe CFDT syndicat santé sociaux Haute-Garonne et Ariège. "Il y a des disparités de salaires entre des gens qui font le même métier , ils travaillent pas dans le secteur du sanitaire privé ou public mais ils n’ont pas la même rémunération".

"Cela peut aller jusqu’à 300 euros d’écart. Vous prenez une aide-soignante d’un EHPAD public, entre la prime grand âge et la mesure du Ségur elle touche 300 euros de plus par rapport à une aide- soignante qui travaille dans un foyer médicalisé", rajoute Florence Karbowski.

Ces salariés demandent au gouvernement de "rétablir ces inégalités, ces injustices". Un manque de reconnaissance que tous dénoncent alors que leurs conditions de travail se sont fortement dégradées depuis le début de la pandémie.

"C’est scandaleux", explique Jean-Yves CWIKLINSKI, aide-soignant.

On est tous professionnels du soin, on est là pour accompagner les personnes à domicile, les enfants handicapés, vos grands-parents, on est là pour les soigner, on est là pour eux, ce ne sont pas des caisses en bois, ce sont des personnes. Et nous, on est là pour personne. On est des exclus, des parias. On nous a mis au sommet en nous disant que l’on était des héros et aujourd’hui on se sent comme des blaireaux.     

La peur de la "désertification" dans le secteur privé

Les postes dans les métiers du secteur médico-social sont souvent occupés par des femmes. Des métiers souvent précaires, des emplois à mi-temps et mal rémunérés. Pour Souleymale Chaouy, aide-soignant en médico-psychiatrie, "le Ségur de la santé a délaissé les personnels du secteur privé".

Ce n’est pas un bon signal que l’on envoie au personnel du privé car désormais avec la prime qui est donné à nos camarades du public, les personnels du privé peuvent déserter le secteur et postuler dans le public. Il faut arrêter de cloisonner le secteur public, privé !

Une délégation a été reçue à la direction de l’Agence régionale de la santé de Haute-Garonne qui transmettra les réclamations de ces salariés au ministère de la santé.

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