ExoMars, une mission suivie de près à Toulouse

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Écrit par Laurence Boffet
La fusée Proton au décollage ce lundi à Baïkonour (Kazakhstan) avec la mission ExoMars 2016 à son bord.
La fusée Proton au décollage ce lundi à Baïkonour (Kazakhstan) avec la mission ExoMars 2016 à son bord. © KIRILL KUDRYAVTSEV / AFP

Une fusée Proton a décollé ce lundi de Baïkonour avec la mission russo-européenne ExoMars 2016 à son bord. C'est le début d'un long voyage vers la planète rouge pour rechercher de potentielles preuves d'activités biologiques à sa surface. Une mission à laquelle le CNES de Toulouse a pris part.

Cap sur Mars ! La mission russo-européenne ExoMars 2016 est entrée en orbite ce lundi, entamant la première partie de son long voyage depuis le cosmodrome de Baïkonour vers la planète rouge. La fusée Proton transportant une sonde capable de détecter des gaz à l'état de trace, baptisée TGO (Trace Gaz Orbiter), et un atterrisseur test nommé Schiaparelli, a décollé à 10h31, heure française, des steppes du Kazakhstan. Un lancement suivi en direct depuis la Cité de l'Espace de Toulouse. Et suivi de très près au Centre National des Etudes Spatiales (CNES) qui a pris part à l'aventure en élaborant notamment des instruments embarqués.

Un voyage à la recherche d'une trace de vie micro-organique sur Mars

Le voyage entamé ce lundi va durer sept mois. Un trajet de près de 496 millions de kilomètres au terme duquel l'atterrisseur se séparera de la sonde le 16 octobre pour se poser sur Mars trois jours plus tard. Après avoir largué l'atterrisseur, la sonde TGO entrera dans une orbite elliptique et ralentira très progressivement pour se placer sur une orbite circulaire à 400 km d'altitude. Ce "grand nez dans l'espace" devra alors rechercher des gaz à l'état de trace dans l'atmosphère de la planète, notamment ceux à base de carbone comme le méthane, qui intéresse les scientifiques car sur Terre, il est à 90% d'origine biologique. Sa détection par TGO pourrait donc constituer un indice possible de la présence actuelle d'une vie micro-organique sur Mars.
Le module Schiaparelli, qui pèse 600 kilos et a la taille d'une petite voiture, aura, lui, pour fonction d'apprendre aux scientifiques comment atterrir sur Mars, avant une nouvelle mission, ExoMars 2018, qui doit envoyer un véhicule rechercher des traces de vie passée sur Mars.

Le CNES contribue à ExoMars 2016 et ExoMars 2018

Le CNES a contribué à mettre en place le bouclier thermique de la capsule envoyée ce lundi sur Mars. Il a aussi développé plusieurs instruments scientifiques embarqués sur le rover qui explorera la planète rouge en 2018. 

L'aboutissement de longues années de travail

Pour Pierre Bousquet, responsable des projets de planétologie au CNES de Toulouse, le lancement de la mission Exomars 2016 marque un tournant et la fin de longues années d'attente : " c'est l'aboutissement de 12 ans de travail. Le projet a connu beaucoup de difficultés programmatiques et budgétaires. Au tout début, Exomars devait être tiré en 2011, il a fallu être patient". Envisagée dans un premier temps aux côtés des Américains, la mission ExoMars 2016 a en effet finalement été montée en collaboration avec la Russie après la défection de la NASA pour raisons budgétaires en 2011.

Une étape cruciale

Pour Pierre Bousquet, ExoMars 2016 est une mission capitale : "ce lancement est porteur d'avenir. L'Europe va montrer qu'elle sait se poser sur Mars. Elle va en plus placer un orbiteur qui servira pour toutes les transmissions à venir depuis Mars. C'est vital pour toutes les missions de surface à venir".

Voyez le reportage à Toulouse de Sandrine Mörch et Thierry Villéger :
durée de la vidéo: 01 min 50
Lancement de la mission ExoMars 2016

 

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