"Fermer 9 classes pour 1 seul cas de Covid, c'est abusif" : la colère des parents d'élèves d'une école de Toulouse

A Toulouse, neuf classes de l'école Pierre et Marie Curie sont fermées depuis lundi, après qu'un élève ait été diagnostiqué positif au Covid-19. Une mesure disproportionnée pour les parents d'élèves qui se sont rassemblés ce jeudi devant l'établissement.
Certains parents d'élèves ne comprennent pas pourquoi 9 classes ont été fermées après la découverte d'un seul cas de Covid-19  chez un enfant scolarisé dans l'école Pierre et Marie Curie de Toulouse.
Certains parents d'élèves ne comprennent pas pourquoi 9 classes ont été fermées après la découverte d'un seul cas de Covid-19 chez un enfant scolarisé dans l'école Pierre et Marie Curie de Toulouse. © T. Villéger / FTV
Depuis le lundi 7 septembre 2020, 225 élèves de l'école élémentaire Pierre et Marie Curie de Toulouse sont consignés à domicile. Suivant les préconisations de l'agence régionale de santé (ARS), l'inspection académique a en effet décidé de fermer 9 classes de cet établissement situé dans le quartier des Minimes, après la découverte d'un cas de Covid-19 chez un enfant. Les parents dénoncent une application trop stricte du protocole sanitaire. 

Un principe de précaution mal vécu par les parents

"On subit cette fermeture" témoigne Amina Messabis, déléguée FCPE des parents d'élèves. "Fermer 9 classes pour 1 cas de Covid, c'est abusif".
Jérôme Fehrenbach est du même avis. Ses deux filles, l'une en CM1, l'autre en CM2 sont très affectées par cette fermeture. "Les enfants ont été déscolarisés pendant quasiment 6 mois et là, à peine rentrés, on leur dit qu'il faut rester pendant 15 jours à la maison". Pour lui, le protocole est appliqué de manière trop stricte par l'Education nationale.

Je trouve que c'est complètement exagéré. On nous explique que les enfants sont peu contagieux, développent des formes très peu graves de la maladie et l'avis de la société française de pédiatrie, c'est que les bénéfices de l'école sont très supérieurs au risque d'une éventuelle contamination en milieu scolaire. Ce que la société française de pédiatrie préconise, c'est de fermer une classe quand il y a 3 cas déclarés dans la classe. Là, pour 1 cas déclaré, on ferme 9 classes, ça m'apparaît complètement disproportionné. Et vu la taille de notre école, plus de 370 enfants, ça risque de se reproduire tout au long de l'année. 

Jérôme Fehrenbach, parent d'élèves

Les parents d'élèves mettent en avant les préconisations de la société française de pédiatrie pour démontrer que le choix de l'inspection académique de la Haute-Garonne de fermer 9 classes est disproportionné.
Les parents d'élèves mettent en avant les préconisations de la société française de pédiatrie pour démontrer que le choix de l'inspection académique de la Haute-Garonne de fermer 9 classes est disproportionné. © T.Villéger / FTV
Un autre papa, Jérôme Host, fait part de son incompréhension. "Dans les consignes qui ont été données par l'Education nationale à la rentrée" dit-il, "il est question d'établir une liste des cas contacts à partir d'une enquête qui doit être diligentée par l'ARS, en lien avec l'Education nationale. Et donc, on attend cette liste depuis lundi".

On veut savoir si notre enfant est concerné par cette liste. Et ce qu'on comprend aujourd'hui, c'est que plutôt que d'avoir fait ce travail de recherche de cas contacts, le choix qui a été fait, c'est de considérer que tous les enfants le sont, donc 225 enfants, ce qui est ahurissant et même aberrant scientifiquement.

Jérôme Host, parent d'élève.

Les parents d'élèves déplorent également "le manque de communication" sur la conduite à tenir dans les familles qui ont des élèves en quatorzaine. Sans parler des problématiques de garde qui se posent à eux.

Un respect strict du protocole qui s'impose pour l'inspection académique

"Je comprends l'étonnement et l'incompréhension des parents" répond Mathieu Sieye, inspecteur de l'académie de la Haute-Garonne, "mais on est vraiment dans le cadre d'une décision médicale, qui relève de médecins et qui est validée par l'ARS". 

Lorsque nous avons un cas avéré dans une école, cela déclenche immédiatement une enquête menée par des médecins, à la recherche des cas contacts. C'est ce qui s'est passé dans cette école. Les cas contacts sont ensuite remontés à l'ARS et c'est l'ARS qui valide. Nous sommes donc bien sur une décision médicale.

Mathieu Sieye, inspecteur d'académie de Haute-Garonne

Et il souligne que ce respect du protocole porte ses fruits : "avec le respect strict du protocole, nous constatons qu'il n'y a pas aujourd'hui de contamination dans les écoles. C'est plutôt encourageant". Selon lui, 40 classes sont fermées à ce jour en Haute-Garonne, sur les 5 200 que compte le département. C'est 2 de plus que mercredi, selon le dernier décompte du rectorat. Ce dernier a en effet communiqué le 9 septembre les chiffres des établissements scolaires concernés par des cas de Covid-19 dans l'académie de Toulouse. Des cas positifs, soit parmi les élèves, soit parmi le personnel, ont été recensés dans 85 établissements scolaires. A chaque fois, des fermetures partielles ont été privillégiées, sauf pour l'école de Monteils, dans l'Aveyron, qui a été totalement fermée le 4 septembre 2020.  Voir ici le reportage de Christophe Romain et Thierry Villéger :
Toulouse : des parents dénoncent la fermeture de 9 classes dans une école après un cas de Covid-19
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
covid-19 santé société éducation manifestation économie social