Future autoroute A69 entre Castres et Toulouse : nouvelle action des opposants au projet

Les opposants au projet d'autoroute A69 entre Toulouse et Castres maintiennent la pression. Le collectif "La voie est libre" appelait ce 8 octobre à une nouvelle action sur le site des fouilles archéologiques à Soual. 80 personnes y ont participé.

Ce samedi 8 octobre 2022 est une nouvelle journée d'action pour les opposants au projet d'autoroute A69 entre Toulouse et Castres. Une petite centaine de personnes ont manifesté sur le site des fouilles archéologiques à Soual dans le Tarn.

Une action de deuil

Vêtues de noir et munies de croix blanches, plusieurs dizaines de personnes ont manifesté au milieu des fouilles archéologiques menées sur le site de Soual. "On a voulu symboliser le deuil de ces 400 hectares de terre sacrifiés pour construire une autoroute qui n'est pas nécessaire", explique un membre du collectif "La voie est libre". 

Le site de fouilles ressemble à un immense cimetière. Image dont se sont servis les membres du collectif pour faire passer leur point de vue auprès du grand public.

Fouilles archéologiques en cours

Ces trous, qui ressemblent à des tombes sont en fait des tranchées réalisées dans le cadre des fouilles préventives précédant le début du chantier de la future autoroute entre Castres (Tarn) et Toulouse (Haute-Garonne).

Comme l'explique l'Inrap sur son site internet : "l'objectif  est de vérifier si le terrain recèle des traces d’anciennes occupations humaines susceptibles d’être détruites."

Des sondages sont alors effectués, sur 5 à 10% de la surface de terrain concernée par le projet. La méthodologie employée permet de détecter, caractériser, circonscrire et dater les éventuels vestiges archéologiques présents dans le sous-sol.

La taille d'un sondage varie en fonction du terrain. En règle générale, il s'agit d'une tranchée de 1,3 à 3 m de large (correspondant à la largeur du godet de la pelle mécanique), et de longueur variable.
La taille d'un sondage varie en fonction du terrain. En règle générale, il s'agit d'une tranchée de 1,3 à 3 m de large (correspondant à la largeur du godet de la pelle mécanique), et de longueur variable.  © FTV

Les critiques de l'autorité environnementale

Comme l'exige la législation européenne, l'autorité environnementale a réalisé un rapport sur les évaluations d’impacts environnementaux de cette future autoroute. Son avis, rendu le 6 octobre 2022, n'a pas été tendre vis-à-vis des porteurs du projet :

"L’étude d’impact comporte encore de nombreuses lacunes en ce qui concerne les impacts sanitaires et environnementaux" estime le rapport qui constate aussi un décalage entre le projet de départ et les données d'aujourd'hui. "Ce projet routier, initié il y a plusieurs décennies, apparaît anachronique au regard des enjeux et ambitions actuels de sobriété, de réduction des émissions de gaz à effet de serre, et de la pollution de l’air, d’arrêt de l’érosion de la biodiversité et de l’artificialisation du territoire et d’évolution des pratiques de mobilité et leurs liens avec l’aménagement des territoires."

L'autorité environnementale préconise de revoir et de mettre à jour toutes les données.

Le 12 septembre dernier déjà, le Conseil national de protection de la nature avait rendu un avis défavorable sur ce projet d'autoroute.

Coup d'envoi des travaux en 2023

De son côté, le comité de suivi garde le cap et l’objectif d’un démarrage des travaux début 2023 est maintenu. L’autoroute A69 est une opération classée priorité nationale par le gouvernement. Sa mise en service est prévue en 2025.

la balle est désormais dans le camp du Préfet. C'est lui, qui, en dernier ressort doit donner son aval au projet. 

Le collectif "La voie est libre" ne se fait pas trop d'illusion. Mais il n'a pas épuisé ses recours juridiques. 

Une grande marche contre l'autoroute est d'ores et déjà prévue à la fin du mois d'octobre.