Greenpeace veut interdire les vols courts en cas d'alternative en train : la liaison Paris-Toulouse visée

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Écrit par Marie Martin (avec AFP)
Selon l'étude commandée par Greenpeace, un tiers des vols les plus fréquentés dans l'UE disposent d'une alternative en train de moins de six heures et leur interdiction permettrait d'économiser 3,5 millions de tonnes de CO2.
Selon l'étude commandée par Greenpeace, un tiers des vols les plus fréquentés dans l'UE disposent d'une alternative en train de moins de six heures et leur interdiction permettrait d'économiser 3,5 millions de tonnes de CO2. © Xavier de Fenoyl/La Dépêche du Midi/FTV

L'organisation Greenpeace propose d'interdire les vols courts, soit de moins de 1 500 kilomètres, quand une alternative en train de moins de six heures existe. Dans le collimateur de l'ONG, Paris-Toulouse, l'une des trois liaisons les plus fréquentées de l'Union Européenne.

"Changer radicalement notre façon de nous déplacer", tel est le message délivré par Greenpeace. L'organisation non gouvernementale de défense de l'environnement, qui milite pour des solutions radicales en matière de lutte contre le dérèglement climatique, a publié mercredi 27 octobre une étude commandée au cercle de réflexion OBC Transeuropa, qui porte sur l'impact des vols au sein de l'Union Européenne.

Paris-Toulouse parmi les trois liaisons les plus fréquentées de l'UE

La cible ? Les vols de moins de 1 500 kilomètres de distance. Qui représentent à eux seuls un quart des émissions du secteur aérien européen. 

Or selon cette étude, 51 des 150 vols court-courrier les plus fréquentés dans l'Union européenne (hors liaisons insulaires), soit un tiers d'entre eux, disposent d'une alternative ferroviaire de moins de six heures. Et c'est le cas de la liaison Paris-Toulouse, qui fait partie des trois liaisons les plus fréquentées dans l'Union Européenne, avec Paris-Nice et Athènes-Thessalonique.

3,5 millions de CO2

La solution avancée par Greenpeace : interdire purement et simplement ces liaisons. Et promouvoir fortement le ferroviaire, "parent pauvre des politiques publiques européennes". Ces suppressions permettraient d'économiser 3,5 millions de tonnes de CO2.

"La réduction du trafic aérien est incontournable pour tenir les objectifs climat de l'Accord de Paris, et la suppression des vols courts constitue un premier pas à cet égard", plaide l'organisation non gouvernementale Greenpeace, créée en 1971. 
"Vingt-et-une liaisons disposent même d'une alternative ferroviaire en moins de quatre heures, y compris pour certaines liaisons internationales comme Amsterdam-Paris, Amsterdam-Francfort, Bruxelles-Francfort et Paris-Francfort", note son rapport.
Plus d'un quart (27%) des 150 liaisons les plus fréquentées disposent par ailleurs d'une alternative en train de nuit direct en 2021.

On émet 10 fois plus d'équivalent CO2 quand on fait Paris-Amsterdam en avion plutôt qu'en train, alors que ce trajet peut se faire en moins de 3h30 en train.

Sarah Fayolle, chargée de campagne Transports à Greenpeace France

Décisions françaises jugées trop timides

La décision française d'interdire les liaisons aériennes intérieures, hors correspondances, lorsqu'il existe une alternative en train en moins de 2h30 est, selon Greenpeace, trop timorée. Le secteur aérien mondial a émis 900 millions de tonnes de CO2 en 2019, soit environ 2,5% des émissions mondiales, rappelle encore Greenpeace qui convient que "la limitation des vols courts (moins de 1 500 kms), nationaux et européens, ne suffira pas à mettre le secteur aérien sur les rails de l'Accord de Paris" mais "qu'il s'agit d'un point de départ non négligeable".

Pas sûr que cela suscite l'enthousiasme des habitants de la région toulousaine qui estiment, pour beaucoup, être suffisament éloignés de la capitale car encore privés de TGV. Mais, il est vrai aussi que le retour progressif des trains de nuit, réclamé depuis des années par les associations d"usagers et tout récemment défendu par le Gouvernement, paraît aller dans le bon sens. 


 

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