Grippe aviaire. La contagion vole aussi par les plumes

Des chercheurs toulousains ont découvert que les plumes de canard infectés par l'influenza aviaire sont également un vecteur de propagation du virus de la grippe aviaire. Ce qui expliquerait sa très grande capacité de propagation.

Les belles histoires du dimanche
Découvrez des récits inspirants de solidarité et d'altruisme, et partez à la rencontre de la générosité. Émotions garanties chaque dimanche !
France Télévisions utilise votre adresse e-mail afin de vous envoyer la newsletter "Les belles histoires du dimanche". Vous pouvez vous désinscrire à tout moment via le lien en bas de cette newsletter. Notre politique de confidentialité

Dans une étude publiée récemment dans la revue internationale "Emerging Microbes & Infections", des chercheurs toulousains l'ENVT/INRAE (école nationale vétérinaire de Toulouse/ Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement) font part d'une découverte qui a surpris la communauté internationale en charge des recherches sur les virus influenza aviaires hautement pathogènes (VIAHP).

Il s'agit d'un travail de long cours sur le tropisme du virus afin de déterminer par quelle voie il est diffusé dans l'environnement.

Le virus là où on ne l'attend pas

Après avoir étudié des prélèvements biologiques issus du terrain lors des dernières épizooties de 2021 et 2022 mais aussi des données réalisées par des infections expérimentales (avec les virus de 2016-2017) en collaboration avec le centre de recherche en santé animale (CRESA) de Barcelone, les chercheurs ont découvert qu'en plus d'être présent dans la pulpe de la plume (partie insérée dans la peau), fait déjà connu depuis quelque temps, le virus existait également dans la partie extérieure de la plume. 

"On s'est rendu compte qu'on avait plein de virus dans les squames de kératine, dans ces débris de plume (pour prendre une image, c'est un peu comme les pellicules des cheveux). On ne s'attendait pas à trouver du virus à cet endroit-là car ce n'est pas un endroit très vascularisé."

Jean-Luc Guérin - Titulaire de la chaire de biosécurité et santé aviaire à l'ENVT/INRAE

FTV

Hypothèse de travail

Cette découverte pourrait expliquer les difficultés à contrôler la diffusion du virus chez les canards. Cela n'existerait que chez les oiseaux aquatiques et de façon marginale chez les gallinacés. 

"On se rend compte que c'est une voie de diffusion du virus dans l'environnement qui n'est sans doute pas négligeable. D'autant que par cette voie-là, le virus est diffusé sous forme protégée par une pellicule de kératine, donc il est dans un étui protecteur"

Avant d'émettre ce qui n'est encore qu'une hypothèse de travail : "Il est possible que le virus excrété par cette voie soit beaucoup plus résistant dans l'environnement que par la voie respiratoire ou digestive. Il s'agit d'une voie de dissémination du virus qu'on n'avait pas perçu".

Lire aussi : Grippe aviaire : "cela ne sert plus à rien" réagit un éleveur aux mesures allégées

Si elle était vérifiée, cette hypothèse pourrait conduire à de nouvelles façons d'appréhender les épizooties.

"On est passé collectivement à côté de çà et on pense que d'un point de vue diffusion et risque de maintien du virus dans l'environnement, c'est sans doute non négligeable. Cà risque d'avoir des conséquences en terme de recommandation de nettoyage des infections."

Une nouvelle illustration de la complexité à contrôler l'infection de la grippe aviaire qui pourrait amener à une adaptation des mesures de nettoyage des infections.