Harcèlement au pôle espoir féminin de football de Toulouse Blagnac : prison avec sursis requise contre l'ex responsable

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Jugée à Toulouse ce 17 novembre pour des faits de harcèlement sur 7 jeunes filles de l'équipe du pôle espoir de Blagnac, Gaëlle Dumas n'a pas émis le moindre regret devant le tribunal correctionnel. Le procureur a requis une peine d’emprisonnement de 6 à 12 mois avec sursis. Jugement attendu le 1er février 2023.

"Tu es grosse, impossible de faire du sport dans cet état." "On dirait que tu es malade, comment peux-tu te montrer ?" "Tu es un serpent, tu es une vipère."

Moqueries, humiliations devant le groupe, remarques déplacées répétées, les faits de harcèlement reprochés à l'ancienne responsable du pôle espoir féminin de football de Toulouse Blagnac ont été dénoncés par courrier anonyme au Parquet en mars 2022.

Et ce 17 novembre aucune des sept victimes n’est présente à l'audience, le tribunal le regrette. "C’était un moment particulièrement difficile qu’elles redoutaient" explique leur avocat, maître Eric Lasserre, également représentant de la Ligue de football d’Occitanie.

Des témoignages unanimes

Les jeunes joueuses ne sont pas les seules à dénoncer les propos et comportements de Gaëlle Dumas. Valentin Grenier, son adjoint, a lui aussi été victime de harcèlement de la part de l'ancienne joueuse du TFC. Il évoque une "personne, tyrannique, manipulatrice, lunatique".

Et les deux kinés du pôle espoir féminin évoquent un climat pesant.

L'éducatrice n'a aucun regret

Mon comportement n'est pas à modifier

Gaëlle Dumas, ancienne responsable du pôle espoir féminin de football de Blagnac

A la barre, l'ancienne joueuse du TFC chargée du pôle espoir de Blagnac ne manifeste aucun regret  : "Je suis quelqu’un d’exigeant et je suis assez franche. Je dis les choses telles que je les ressens. Il n’y a aucune volonté de blesser. Nous sommes dans une structure de haut niveau. Je suis là pour les accompagner pour arriver au haut niveau. Si elles ne l’ont pas pris comme ça, j'en suis désolée, mais mon mode de fonctionnement n’est pas à modifier."

"C'est extrêmement choquant. Madame Dumas est en plein déni face aux 30 témoignages de personnes qui disent tous la même chose" commente Eric Lasserre, avocat des jeunes filles et de la ligue.

Un manque de compétences ?

Pour le procureur de la République, Gaëlle Dumas est bien responsable dans ce dossier mais pas de tout : "elle n’avait pas les réelles compétences pour exercer sa fonction, estime le ministère public. Elle s’est nourri d’une exigence de haut niveau sans connaître réellement les moteurs de cela."

Pour le ministère public, Gaelle Dumas appartient à une génération pour qui exigence doit rimer avec souffrance, alors qu’exigence devrait plutôt rimer avec confiance.

"Ce sont des jeunes gens en formation qui ont besoin d’avoir confiance en eux. On ne peut pas construire l’estime de soi avec la culture du « guerrier vainqueur » qui pense que pour gagner, réussir, il faut souffrir. Chez Madame Dumas, faire souffrir c’est faire du bien."

Le procureur a requis une peine d’emprisonnement de 6 à 12 mois avec sursis assorti de deux années probatoires, avec interdiction de paraître et d’exercer une activité pédagogique à destination de jeunes personnes.

Le jugement a été mis en délibéré au 1er février 2023.

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