Haute-Garonne : à Cornebarrieu, un centre éducatif pour la réinsertion de mineurs en difficulté

Le centre éducatif Albatros-Passerelle de Cornebarrieu / © E.Coorevits/FTV
Le centre éducatif Albatros-Passerelle de Cornebarrieu / © E.Coorevits/FTV

A Cornebarrieu, près de Toulouse, un centre éducatif habilité par la protection judiciaire de la jeunesse accueille des jeunes en difficulté et les aide à prendre un nouveau départ. 

Par Eric Coorevits

"En arrivant ici, j'étais conscient que ça se passait pas très bien dans ma vie (...). J'ai voulu me reprendre en main, retrouver la vie que j'avais avant de faire des conneries."

Sous couvert d'anonymat, Brice (*) accepte de se confier. Il a découvert le centre éducatif Albatros-Passerelle à 16 ans et demi, orienté par la P.J.J (Protection Judiciaire de la Jeunesse). Il en a 19 aujourd'hui, et dit avoir retrouvé un chemin de réinsertion après quelques écarts qui lui ont valu de passer devant un juge. "Avant je ne voulais pas trop travailler", confie Brice, "ici, j'ai pu trouver des stages de chauffeur-livreur, j'ai vu que ça me plaisait, je passe mon code en ce moment, et j'espère trouver un boulot dans ce secteur."


(*) les prénoms ont été modifiés

Petits trafics, petits délits, grande détresse sociale

Pour une majorité des jeunes hébergés dans cette structure, réservée exclusivement aux garçons et le plus souvent originaire d'Occitanie, la bascule dans la petite délinquance a suivi un décrochage familial ou scolaire. Petits trafics, petits délits et bien souvent, grande détresse sociale. Certains ont effectué un séjour dans des prisons pour mineurs, d'autres dans des centres de rétention ouverts ou fermés, réservés au 13/18 ans. Ce centre éducatif créé à Cornebarrieu en 2004 les accueille à leur sortie et cherche à les impliquer dans un projet de formation et d'insertion professionnelle.
Une chambre individuelle à l'étage du bâtiment. / © E.Coorevits/FTV
Une chambre individuelle à l'étage du bâtiment. / © E.Coorevits/FTV

25 jeunes passent entre les murs de la structure en moyenne chaque année. Ils y restent entre 6 et 12 mois. L'hébergement se fait sur place en chambre individuelle, mais depuis trois ans, trois studios extérieurs, à Blagnac et Cornebarrieu, sont également mis à disposition des jeunes dont l'équipe encadrante cherche à favoriser l'autonomie.

Redonner confiance

Au total, 18 personnes travaillent aux côtés des résidents et les accompagnent au quotidien. Psychologue, éducateur, cuisinier, surveillant de nuit, et maîtresse de maison : toute une communauté dont la mission est de redonner confiance à des individus en perte de repères.

Le but est aussi de les extraire de leur environnement social habituel. Pour ceux qui ont une famille, ils sont autorisés à la revoir le week-end, mais il faut pour certains une véritable coupure géographique pour éviter une récidive. On les amène à prendre conscience que le milieu dans lequel ils évoluent n'est pas favorable à leur projet de réinsertion.
Anne Dufour
Directrice du centre éducatif Albatros-Passerelle de Cornebarrieu


Dans cet ancien corps de ferme dont les salles de vie ou de détente ont été en partie réhabilitées par les jeunes qui y séjournent, des éducateurs encadrent des ateliers spécialisés : mécanique moto ou vélo, espaces verts, bâtiment, cuisine... Une palette d'activités mises en place pour éveiller la curiosité parfois juste endormie des pensionnaires. L'objectif est d'enseigner des techniques de base leur permettant de s'orienter ou de se réorienter vers un secteur qui les attire. Le centre éducatif a constitué au fil des ans un réseau d'entreprises prêtes à accueillir des stagiaires dans la grande distribution, les transports, la restauration, ou les métiers de bouche. 

Chaque année, plus de la moitié des résidents passés par la structure en repart avec un projet de réinsertion abouti. Pour Kevin (*), en stage depuis un mois chez un artisan-boucher, le passage par ce centre est une main tendue, une deuxième chance qu'on lui offre : "Si tu ouvres ton cerveau, tu vois bien qu'ici, c'est pas une punition, c'est pas une prison, au contraire, ceux qui travaillent ici font tout pour pas qu'on y retourne."
 

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