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Haute-Garonne : l'enfer d'une famille confrontée au “cancer des bâtiments”

La mérule qui ronge le plancher de la famille est un fléau bien connu en Bretagne. / © Fabrice Louge
La mérule qui ronge le plancher de la famille est un fléau bien connu en Bretagne. / © Fabrice Louge

La mérule, ce champignon dévastateur, infeste la maison achetée en 2016 par Véronique Barthès et Fabrice Louge. Moisissures, nuées de pores, le couple s'est engagé dans un long combat judiciaire. 

Par Justine Saint-Sevin

Les murs et les planchers de cette maison de ville, achetée en avril 2016 dans la commune de Saint-Gaudens, devaient constituer le rêve, le coin de paradis paisible de Fabrice Louge, sa femme Véronique Barthès et leurs deux enfants âgés de 9 et 3 ans. C'était sans compter, sur la mérule pleureuse. Face à ce champignon qui grignote les habitations, le rêve a tourné au cauchemar, poussant le couple à engager des poursuites judiciaires.

Après 4 mois de rénovations réalisées par des artisans, les quadragénaires emménagent avec leurs deux enfants dans cette maison en août 2016. Rapidement, la présence d'une poussière brunâtre chronique malgré un nettoyage journalier et le plancher anormalement bombé les interpellent.
 

 

Un problème ancien, antérieur à l'achat


Véronique fait alors venir son père bricoleur. Au court de son inquisition une lame de plancher du salon rompt sous ses pieds révélant la présence de filaments blancs et donc de ce qui semble être un champignon. Un expert mycologue et judiciaire est missionné dès le mois de septembre. Le verdict tombe : "c'est tout le rez-de-chaussée qui est infesté et le problème est ancien, antérieur à notre achat", confie Fabrice. 

Une procédure est engagée contre les vendeurs, l'agent immobilier, le diagnostiqueur, le maître d'oeuvre et un artisan", explique Fabrice

Le couple s'empresse de signaler le problème à la mairie et se lance dans une longue procédure judiciaire, pour vice caché, voire pour vice dissimulé. Aucun recours n'étant envisageable du côté de l'assurance habitation, ils saisissent le tribunal de grande instance de Saint-Gaudens en référé et celui-ci missionne un expert judiciaire pour constater les faits.

Le couple attend désormais les conclusions de l'enquête. Mais l'invasion de la mérule paraît telle que des travaux n'assureraient pas forcément la disparition complète du champignon. Il faudrait raser la maison, tout brûler et éventuellement reconstruire. 
 

Prisonniers inquiets pour leur santé


Aujourd'hui, la famille est dans l'impasse, prisonnière de sa maison. Elle n'a ni les moyens d'engager de nouveaux travaux, ni de déménager. Et face à ce sol qui s'effondre, à ses spores inhalées à toutes heures du jours et de la nuit, Véronique craint pour la santé de sa famille.

"On tousse. Il nous est arrivé d'avoir des conjonctivites, des manifestations ORL diverses, à cause de la poussière brune qui se répand. Et il y a l'aspect psychologique. On a eu tous les deux des interruptions de travail avec des angoisses. Les enfants ont fait des cauchemars. Notre aîné a rêvé que la maison s'écroulait. C'est lourd !" a-t-elle confié à nos confrères de France bleu. 

Alors que la famille espère désormais une intervention des pouvoirs publics, Fabrice a créé un site internet pour expliquer leur histoire et sensibiliser sur la question. Il regrette notamment "qu'il n'y ait pas de diagnostic obligatoire pour la mérule sauf dans les zones concernées par arrêté préfectoral (..) A ce jour, la Haute-Garonne ne dispose pas d'arrêté préfectoral délimitant une zone de présence de risque de mérule."
 

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