Haute-Garonne : les éleveurs victimes de la sécheresse peuvent obtenir une dérogation pour récolter leurs jachères

Le préfet de la Haute-Garonne vient d'annoncer la mise en place d'un dispositif permettant l'utilisation des jachères pour les éleveurs touchés par la sécheresse. Ils pourront ainsi produire du fourrage, nécessaire à leurs troupeaux.
Depuis le printemps, la sécheresse a particulièrement touché la Haute-Garonne. Archives.
Depuis le printemps, la sécheresse a particulièrement touché la Haute-Garonne. Archives. © Xavier De Fenoyl/MaxPPP.

Les syndicats agricoles le réclamaient, c'est désormais chose faite. Etienne Guyot, préfet de la Haute-Garonne, vient de lancer un dispositif permettant l'utilisation de jachères pour les éleveurs de la Haute-Garonne, touchés par la sécheresse. Depuis le printemps, le département mais aussi l'ensemble de l'Occitanie sont victimes du manque d'eau.

Le manque de précipitations et la vague de froid ont conduit à une sécheresse des sols, notamment des prairies et ont ainsi pénalisé l'alimentation des troupeaux. "Une sécheresse qui vient aggraver une situation déjà difficile pour les éleveurs, dont les stocks de fourrage avaient été diminués par la répétition des sécheresses des années passées", précise la préfecture de la Haute-Garonne dans un communiqué.

Depuis la semaine du 7 juin, le préfet, par arrêté, a interdit aux habitants du département le prélèvement de l'eau, pour l'agriculture et pour l'arrosage des jardins des particuliers. Une vingtaine de petits cours d’eau sont passés en alerte rouge, avec un mois d’avance."C’est une situation jamais vue depuis plus d’une dizaine ou d’une quinzaine d’années, à cette période-là, d’avoir des écoulements si faibles" détaille Thibault Coll, responsable de l’unité gestion de l’eau du département, à France Info.

Des conditions qui ont contraint les agriculteurs à utiliser leurs jachères pour permettre l'alimentation de leur troupeau. Une situation qui a donc poussé le préfet du département à permettre ce dispositif aux éleveurs. Ils pourront utiliser leurs surfaces en jachères "pour faire pâturer leurs troupeaux ou faucher pour produire du fourrage.".

Pour Jean-François Lamassé, président de la FNSEA de la Haute-Garonne, ce dispositif est "une bonne nouvelle mais qui arrive un peu en retard." "Ce dispositif aurait dû se mettre en place dès l'épisode de sécheresse, nous avions demandé au préfet d'intervenir tout de suite. Maintenant, le sol est sec et c'est très difficile pour les agriculteurs de récolter leurs jachères. Ils sont en grande difficulté aujourd'hui, surtout avec les moissons qui arrivent."

Un dispositif activé sur l'ensemble de la Haute-Garonne

La préfecture indique que les "éleveurs bénéficieront d'une reconnaissance de circonstances exceptionnelles. Les jachères déclarées en tant que Surface d’intérêt écologique (SIE) même fauchées ou pâturées pourront continuer à être comptabilisées pour l’octroi du "paiement vert" dans le cadre de la PAC."
Ces Surfaces d'intérêt écologique (SIE) ont pour but de préserver la biodiversité. Le préfet demande donc aux éleveurs "qui souhaitent recourir à cette possibilité de le faire en prenant toute mesure adaptée pour préserver au mieux la faune et la flore sur leurs parcelles." 

Cette disposition est activée sur l'ensemble du département, exceptée pour les communes de la région de Fourragère, située dans le massif des Pyrénées.

Pour bénéficier de ce dispositif, les éleveurs concernés doivent adresser un courrier par voie postale (DDT/SEA/dérogations jachères – 1 place Saint-Etienne – 31 038 Toulouse cedex 9) ou par mail (pac-surface@haute-garonne.gouv.fr). Ils doivent expliquer les difficultés qu'ils ont rencontrées pendant l'épisode de sécheresse, indiquer les parcelles qui seront concernées pour les jachères et demander la prise en compte des circonstances exceptionnelles.

Pour l'instant, le département de la Haute-Garonne est le seul d'Occitanie à avoir autorisé l'utilisation des jachères pour les éleveurs touchés par la sécheresse.

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
agriculture économie sécheresse météo finances animaux nature climat environnement réchauffement climatique