Haute-Garonne : les intempéries ont gravement impacté la récolte de miel "du jamais vu depuis 10 ans"

Après un hiver sec, un printemps pluvieux et froid, la fraîcheur des températures de ce début d'été ne rassure pas les apiculteurs d'Occitanie. En Haute-Garonne, la récolte de miel 2021 risque d'être particulièrement faible et la mortalité des colonies est de 50%.
Les mauvaises conditions météo de l'hiver et du printemps ont impacté cette année la nourriture des abeilles. Et donc la récolte de miel.
Les mauvaises conditions météo de l'hiver et du printemps ont impacté cette année la nourriture des abeilles. Et donc la récolte de miel. © Abhisek Saha / MaxPPP

Les mauvaises conditions météorologiques de l'hiver et du printemps ont appauvri les ressources en nourriture des abeilles. Les apiculteurs contactés s'accordent pour qualifier cette année de catastrophique pour la production de miel.

"La pire année depuis 10 ans"

Mathieu Combes est apiculteur à Saint-Orens-de-Gameville en Haute-Garonne et chef d'une entreprise spécialisée dans l'installation de ruches sur les toits des entreprises toulousaines. Il travaille à la sauvegarde de l'espèce dans les zones appauvries en abeilles comme les zones urbaines. 

« Sur Saint-Orens, entre le froid qui a brûlé l’acacia et la pluie qui a rincé le tilleul, c'est la pire année depuis dix ans. La récolte 2021 sera diminuée de moitié par rapport à l'an dernier », constate t-il.

Mathieu Combes n'a pas récolté de miel au printemps, préférant laisser aux abeilles le peu de miel qu'elles produisaient pour se nourrir. 

Même constat chez Olivier Ambrosino, apiculteur depuis sept ans à Bretx. A la Miellerie du Camp de la Houn, la production de miel cette année risque d'être catastrophique.

D'habitude de ses 300 ruches, il produit quatre récoltes par an, environ dix tonnes, mais cette année, son seul objectif a été de maintenir ses abeilles en vie.

Le seul miel qu'elles produisent, je leur laisse. 

Olivier Ambrosino - Miellerie du Camp de la Houn - Bretx.

Son cheptel a survécu au printemps grâce à l'apport de deux tonnes de miel et d'une tonne de sucre.

Pour faire face au manque de nourriture sur son secteur, il a délocalisé la moitié de ses ruches au pied des Pyrénées, dans le Comminges. L'espoir de sauver la saison réside désormais sur la dernière miellée du mois d'août.

« Depuis trois semaines, les abeilles revivent grâce à la bonne météo et la population revient à la normale, mais ça ne suffit pas. Si on n'a pas d'abeilles l'an prochain, on ne sait pas où on va », se désole Olivier Ambrosino.

50% de mortalité chez ses abeilles

Chaque année à la même période, ce producteur subit de manière inexpliquée un effondrement de la moitié de ses colonies d'abeilles. Cette mortalité massive, cumulée aux aléas climatiques et à la présence du frelon asiatique risquent d'impacter fortement la saison 2022.

En avril, l'apiculteur greffe environ 200 nouvelles colonies pour pérenniser sa production. "Cette année, entre les 30°C au mois de mars et le gel en avril, il n'y a pas eu de point de rosée pour protéger les nouvelles fleurs et toute la nature a été grillée. Leur mode de prolifération a été très impacté", nous explique l'apiculteur.

Mais Olivier Ambrosino s’inquiète pour l'année prochaine. "Les reines ont une durée de vie de deux ans et n'ont pas pu se reproduire correctement ce printemps. Elles n'ont pas créé suffisamment d'essaims pour renouveler le cheptel". 

« Non seulement on ne produit pas de miel, mais on n'est pas certains de pouvoir assurer la continuité de notre exploitation ». 

Inquiet pour son entreprise 

Anticipant une prochaine année catastrophique, l’apiculteur, ainsi que d'autres confrères ont demandé l'aide de la chambre d'Agriculture de la Haute-Garonne pour pouvoir acheter des essaims à l'étranger, notamment en Grèce.

Sur le même thème, suivez ici un reportage de France 3 Occitanie.

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