Mortalité des abeilles : un apiculteur propose une étude sur la mise en cave des ruches

Un apiculteur de Haute-Garonne lance une expérimentation pour tenter de faire diminuer la mortalité des abeilles. L’idée est de mettre des ruches en cave pendant l’hiver. Explications.

Les ruches de Xavier Dumont mises en cave pour l'hiver
Les ruches de Xavier Dumont mises en cave pour l'hiver © Xavier Dumont

Et si la mortalité des abeilles n’était plus une fatalité ? Un apiculteur de Haute-Garonne veut tenter une expérience : mettre des ruches en cave pendant l’hiver. Pour vérifier l’intérêt de ce "confinement", il cherche d’autres apiculteurs prêts à participer à cette étude. Il faudrait tester au total au moins 200 ruches.

Xavier Dumont a 65 ans, apiculteur à la retraite il veut tenter de trouver une solution à la mortalité des abeilles. Selon lui, un facteur n’a pas assez été pris en considération : le réchauffement climatique.

Des hivers trop doux

"Depuis au moins 15 ans, explique-t-il, les hivers sont de plus en plus doux et les abeilles sortent et ramènent nectar et pollen même en janvier". Résultat, elles s’épuisent, se refroidissent et meurent en grand nombre. Deuxième conséquence de cette activité hivernale : les reines pondent toute l’année et le couvain présent tout l’hiver entraine une prolifération massive du varroa, un acarien parasite de l’abeille.

"Il y a 40 ans, souligne l’apiculteur les hivers étaient plus rigoureux et les abeilles restaient bien au chaud en grappe sans sortir ou presque. Elles pouvaient rester parfois trois semaines sans aller dehors ce qui ne les empêchait pas de repartir de plus belle au printemps suivant." L’objectif est donc de recréer les conditions d’antan, en mettant les ruches 1 à 2 mois en cave et en les sortant de temps en temps.

Les abeilles ainsi confinées auront une espérance de vie rallongée puisqu’elles passeront 90 % de leur temps en léthargie.

Xavier Dumont, apiculteur

L’arrêt de la ponte devrait mettre fin à la prolifération du varroa ou la ralentir.

Le protocole

Les ruches qui feront partie de l’étude doivent être placées dans le noir (une cave, un garage ou une pièce dont la température ne dépasse pas 10 à 12 degrés sur 24 heures) et doivent être associées à des ruches-témoin qui resteront dehors afin de pouvoir faire des comparaisons. Un protocole très précis est disponible sur le site internet créé pour la mise en place de l'expérimentation.

Trois périodes de mise en cave sont proposées aux apiculteurs qui souhaitent participer :

Pour lever toute inquiétude, Xavier Dumont a commencé l'expérimentation chez lui. Depuis le 20 novembre, 4 ruches sont "en cave". L'apiculteur les a sorties et a vérifié leur état au 7 ième jour, au 19 ième jour et au 27 ième jour (ce mercredi 16 décembre). Les abeilles vont bien. Voir ci-dessous la vidéo de la troisième sortie.

Pour pouvoir tirer des enseignements de cette expérimentation, il faut au moins 200 ruches au total. "On aurait alors une réponse fiable et on pourrait même faire des statistiques s’il y a de gros écarts entre les 2 populations" (NDLR : ruche-essai, ruche-témoin), précise Xavier Dumont. Un bio informaticien se chargera des analyses statistiques. 

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