Abeilles empoisonnées en Ariège : la victoire judiciaire de l'apiculteur contestée par le groupe chimique BASF

Le fabricant du fongicide mis en cause dans la mort de plus de 2 millions d’abeilles en 2018 en Ariège assigne en justice l'apiculteur et l'agriculteur condamné par le tribunal de Foix. Le groupe BASF souhaite que l’affaire soit rejugée afin de prouver l’innocuité du Voxan.

Un site BASF à Schwarzheide en Allemagne
Un site BASF à Schwarzheide en Allemagne © Sebastian Kahnert/MaxPPP
Un mois après la décision du tribunal de Foix qui a reconnu que "la cause exclusive de la mortalité des abeilles est bien une intoxication aiguë suite à la pulvérisation de Voxan", le fabricant allemand de ce fongicide BASF, assigne l'apiculteur, l'agriculteur et son assureur à une procédure en "tierce opposition". En clair, le groupe veut faire annuler le jugement qui lui porte préjudice.
Pour rappel, en Avril 2018, Nicolas Puech apiculteur ariégeois constatait la mort de 2 millions d'abeilles dans 24 des 75 ruches du groupement NaturMiel suite à un épandage de Voxan sur un champ de blé.

Le groupe allemand jamais sollicité

Dans un communiqué, le groupe chimique allemand explique :

L’entreprise n’a malheureusement jamais été sollicitée pour apporter des éléments scientifiques sur l’un de ses produits, le VOXAN®, accusé dans cette affaire. Cette action judiciaire a pour but d’avoir enfin accès aux pièces du dossier et d’apporter des éléments scientifiques prouvant l’innocuité pour les abeilles du produit incriminé.

Une expertise vétérinaire, réalisée les jours suivants la mort des abeilles, avait fait le lien avec l’épandage du fongicide. L’agriculteur avait été condamné à indemniser l’apiculteur à hauteur de 3 700 euros de dommages et intérêts.

Mais BASF rejette en bloc cette expertise. Le groupe chimique souhaite donc apporter ses propres analyses pour retoquer la décision de la justice française.

"Je ne suis pas surpris par ce rebondissement"

Contacté par téléphone, Nicolas Puech, l'apiculteur dit comprendre la démarche de BASF.

Je ne suis pas surpris par ce rebondissement. Je me retrouve entre l'agriculteur qui a peut être menti et le fabricant qui veut montrer l'innocuité du Voxan.

 

Nicolas Puech a reçu l'assignation en justice la semaine dernière.

A aucun moment je n'ai pensé à une mauvaise pratique agricole. Il va falloir que l'agriculteur s'explique s'il y a un autre procès.

L'apiculteur assure qu'il va aller jusqu'au bout de la procédure pour savoir pourquoi ses abeilles sont mortes. Il a déjà dépensé plus de 20 000 euros en frais de justice pour connaître la vérité. 




 
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