Haute-Garonne : le mystère des bassins de Bonrepos-Riquet

Près du château de Bonrepos-Riquet,à proximité de Verfeil dans la Haute-Garonne, on peut découvrir des terrains marécageux bordés de constructions étranges. En fait, c'est là que le concepteur du Canal du Midi, Pierre-Paul Riquet,  fit ses premiers essais hydrauliques. 
 
Riquet montre les plans de son canal à Louis XIV
Riquet montre les plans de son canal à Louis XIV © France 3 / INA
Un affairiste ambitieux
Nous sommes en plein milieu du 17ème siècle. 
Pierre-Paul Riquet est un fermier général, fermier des gabelles.... Riche ... Riche mais roturier. Son rêve : être anobli.
Mais pour cela, il faut se faire remarquer, par la cour, par le roi.
Alors dans l'esprit de cet entrepreneur du négoce du sel naît une idée de génie : reprendre un ancien projet de canal entre l'Atlantique et la Méditerranée. 
Pas évident de convaincre Colbert. Riquet doit être techniquement solide notamment dans la science de l'hydraulique

Les bassins de Bonrepos
Alors, dès 1651,sa vaste propriété de Bonrepos devient, sur deux hectares, le laboratoire champêtre de ses expériences hydrauliques. 
Dans les vallons, apparaissent de bien étranges constructions.
A bien y regarder aujourd'hui, l'on découvre que ces terrains marécageux sont d'anciens bassins qui communiquent entre eux, avec des murs de briques en guise de digues.
Aujourd'hui encore, l'on distingue très bien le bassin supérieur où l'eau de ruissellement est récupérée et qui communique avec un bassin inférieur long de 250 m, et large comme le futur canal, assez large pour permettre le passage de galères royales.
Riquet parviendra à convaincre Colbert et les travaux débuteront en 1667.
Pierre-Paul Riquet, devenu baron de Bonrepos, n'en verra pas la fin. Il mourra à Toulouse en 1680.

Mais quel est l'avenir de ces bassins ?
La mairie de Bonrepos-Riquet a racheté le domaine de Riquet et tente de restaurer l'ensemble.
Sa priorité, réaménager parfaitement les bassins et ainsi permettre aux visiteurs de découvrir le système ingénieux de cette machine hydraulique conçue au 17ème.  
Ces travaux coûteront cher, plus d'un million d'euros.
Bonrepos-Riquet a déjà été positionné dans le "Loto du patrimoine" en 2018. On espère qu'en 2019, le projet sera retenu parmi les 19 premiers lauréats. 
Avec les subventions qui en résulteraient, le laboratoire hydraulique de Riquet serait ainsi préservé.

Vidéo : le reportage de Michel Pech et Virginie Beaulieu
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