Justice : accusé de provocation à la haine raciale, l'imam de Toulouse relaxé par le tribunal correctionnel

Accusé de provocation à la haine raciale, l'imam de Toulouse, Mohamed Tataiat, est relaxé mardi 14 septembre 2021 par le tribunal correctionnel de Toulouse (Haute-Garonne). En 2017, le religieux avait évoqué une parole du prophète Mohammed appelant les Musulmans à tuer les Juifs.
L'imam de Toulouse (au centre) , Mohamed Tataiat, accusé de provocation à la haine raciale a été relaxé par le Tribunal Correctionnel de Toulouse.
L'imam de Toulouse (au centre) , Mohamed Tataiat, accusé de provocation à la haine raciale a été relaxé par le Tribunal Correctionnel de Toulouse. © Christophe Neidhardt - FTV

Le tribunal correctionnel de Toulouse (Haute-Garonne) a relaxé, mardi 14 septembre, l'imam de la grande mosquée de Toulouse, Mohamed Tataiat, accusé de "provocation à la haine raciale". Le 29 juin, le Ministère public avait pourtant requis six mois de prison avec sursis à l'encontre du religieux musulman pour avoir lors d'un prêche, en date du 15 décembre 2017, fait référence en arabe à un hadith (une parole du prophète Mohammed) appelant les Musulmans à tuer les Juifs. 

Les Juifs se cacheront derrière les rochers et les arbres, et les rochers et les arbres diront : Musulman, serviteur d’Allah, il y a un Juif qui se cache derrière moi, viens le tuer". (traduction en anglais du Memri).

Hadith prononcé par Mohamed Tataiat le 15 décembre 2017

Mohamed Tataiat n'a pas réagit à cette décision de justice. Pour son avocat, Me Jean Iglésis, la justice a rendu un délibéré "parfaitement équitable".

La personnalité de Monsieur Tataiat a pesé dans cette décision. Il a été retenu qu’il était quelqu’un de modéré, d’œcuménique et qui avait entretenu des liens particulièrement étroits avec l’ensemble des communautés. La personnalité de cet imam de paix a largement pesé dans la décision du tribunal. C'est une décision extrêmement forte au niveau du droit, le tribunal rappelant le principe républicain de laïcité, et donc de non-immiscion de l’État dans le fait religieux. C’est une décision de principe. Je pense qu’elle fera date.

Jean Iglésis, avocat de Mohamed Tataiat

Du côté des parties civiles, cette "décision est totalement incompréhensible". "Pour moi, dire devant des centaines de personnes qu’il faut tuer les Juifs et être relaxé par le tribunal de Toulouse, donnera une liberté supplémentaire à ceux qui se retiennent d'exprimer ce qu’ils veulent dire sur les Juifs", déplore Franck Touboul, président du Crif Toulouse. "Chacun se fera sa propre opinion de cette décision de justice.

Lors de son procès, l'imam défendait la thèse de propos sortis de leur contexte. Pour la partie civile, le discours tenu par Mohamed Tataiat "quelle que soit sa traduction" pouvait être nuancé, mais le fond restait antisémite. Dans ses réquisitions, le Parquet de Toulouse avait estimé que les paroles de l'imam était un "appel à la haine".

"Les mots ont un sens et sa parole a une portée importante vis-à-vis de son auditoire. Nous sommes à Toulouse où des enfants ont été tués parce que Juifs. La provocation à la haine raciale à l’égard de la communauté juive est caractérisée. Il n'y a pas eu de réponse claire. Il n'y a pas eu de regrets lors de cette audience. Je doute de sa capacité à se remettre en question" avait souligné le représentant du Ministère public. Le tribunal correctionnel de Toulouse n'a pas reconnu cette infraction. 

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