Le gouvernement réagit avec fermeté après les événements choquants à Paris de ces 10 derniers jours. Suite au rassemblement controversé du Comité du 9-mai et à l'agression d'un attaché parlementaire par des hooligans d'extrême-droite de Toulouse à Paris, Gérald Darmanin ordonne l'interdiction totale des manifestations de l'ultradroite.
Gérald Darmanin a déclaré, mardi 9 mai, qu'il a ordonné aux préfets d'interdire dorénavant toutes les manifestations de l'ultradroite, suite à la polémique suscitée par le rassemblement du Comité du 9-mai samedi à Paris, qui n'avait pas été interdit, et l'agression à Paris d'un attaché parlementaire par des hooligans toulousains d'extrême-droite.
Le ministre de l'Intérieur, devant les députés, a qualifié cette manifestation de près de 600 militants d'ultradroite, dont la majorité dissimulait son visage et arborait des croix celtiques, d'"inacceptable", reprenant ainsi les propos de la Première ministre Elisabeth Borne.
Arrêtés d'interdiction
"J'ai donné instruction aux préfets que lorsqu'un militant d'ultradroite, d'extrême droite, une association ou un collectif, que ce soit à Paris ou ailleurs sur le territoire, dépose une déclaration de manifestation similaire à celle de samedi à Paris, ils doivent prendre des arrêtés d'interdiction", a déclaré Gérald Darmanin. Il a ajouté : "Nous laisserons aux tribunaux le soin de décider si la jurisprudence permettra la tenue de ces manifestations".
Plaintes et enquêtes ouvertes
En marge de la finale de la coupe de France de football remportée, le 29 avril 2023, par le TFC, l'assistant parlementaire d'Aurélie Trouvé (La France Insoumise) a été agressé par des hooligans néonazis parisiens et toulousains. Avant le match, il filmait des agressions racistes dans le métro. Selon nos informations, l'un des agresseurs présumés habite Albi dans le Tarn.
Quelques jour plus tard, près de 600 militants du Comité du 9-Mai ont défilé samedi dernier à Paris pour commémorer le 29e anniversaire de la mort de Sébastien Deyzieu, un militant d'extrême droite décédé accidentellement en 1994. Ces manifestants vêtus de noir et souvent masqués brandissaient des drapeaux noirs marqués de la croix celtique, et ont scandé en fin de rassemblement le slogan du GUD (Groupe d'union défense) : "Europe jeunesse révolution".
Le préfet de police de Paris, Laurent Nuñez, a annoncé lundi 8 mai qu'il avait saisi la procureure de Paris des faits de dissimulation des visages de la part des manifestants, une infraction selon la loi.