La guerre contre les dos d’âne non conformes est déclarée, 4 ralentisseurs sur 10 seraient illégaux

450 000 dos d’âne sont installés en France mais beaucoup ne seraient pas au normes. Un problème que l’on retrouve dans Toulouse et sa métropole. Les associations d’automobilistes entrent en guerre contre ces ralentisseurs non conformes.

Sur la commune de l’Union, un ralentisseur fait grand bruit depuis son installation. “C’est surtout la nuit”, dénonce un riverain. “Très peu de véhicules respectent la limitation de vitesse et ça tape énormément, on entend le bas de caisse frotter et taper contre le dos d’âne. Et la journée, avec tous les travaux qu’il y a partout, les semi-remorques passent par ce dos d’âne et vous entendez “clac, clac” avec le classement entre la remorque et la cabine.” 

La route en question est très fréquentée et beaucoup de conducteurs dépassent la vitesse autorisée. Mais avec une hauteur de 15 cm au lieu des 10 cm règlementaires, ce ralentisseur n’est pas aux normes. 

Non respect de la législation

En plus de faire du bruit, un dos d’âne non conforme peut endommager les voitures qui l’empruntent. C’est pourquoi les associations d’automobilistes réclament la stricte application de la réglementation. “Les ralentisseurs doivent respecter une certaine inclinaison pour ne pas être trop cassants, le plateau doit être d'une longueure entre 2,5 mètres et 4 mètres pour les plus grands, il doivent être installés dans des zones à vitesse limitée et il faut qu’il y ait un certain espacement entre chaque, qu’ils ne soient pas trop rapprochés”, précise Jean-Christian Meslet, le président de l’automobile club du Midi Toulouse. Selon des associations d’usagers de la route, près de 4 ralentisseurs sur 10 seraient illégaux.

Vers une mise en conformité des dos d’ânes à Toulouse

Il existe 450 000 ralentisseurs en France. A Toulouse et sa Métropole, 144 ont été installés l’an passé et 120 cette année. “Si vous avez autant de dos d’âne c’est parce qu’un certain nombre d’automobilistes ne respectent pas la limitation à 30km/h ou 50 km/h”, affirme Maxime Boyer, le vice-président de Toulouse Métropole en charge de la mobilité. “On les installe généralement sur des lieux où les piétons sont assez fragiles (près des écoles ou des ehpad par exemple). Si tout le monde respectait les règles nous n’aurions pas besoin d’installer ces ralentisseurs.”  

Ce nombre de 120 ralentisseurs installés en 2023 inclut la rénovation des ralentisseurs non conformes à la législation. “En effet, nous avons à Toulouse mais aussi dans les communes de la Métropole des dos d’ânes qui sont assez anciens”, déclare Maxime Boyer.

“Et avec l’évolution de la législation dans le temps, ces dos d’âne ne sont plus conformes à la réglementation aujourd’hui. Nous avons donc décidé de réaliser un diagnostic de l’ensemble des dos d’âne, de vérifier le pourcentage de pente, la hauteur de chacun… et une fois que nous aurons ce diagnostic qui est en cours, nous aurons un programme pluriannuel de rénovation de l’ensemble des dos d’âne.” Le prix d’un ralentisseur varie entre 5 000 euros (pour un coussin berlinois) à 100 000 euros (pour un plateau ralentisseur avec signalisation). La municipalité assure que la majorité d’entre eux sont conformes sur la métropole mais que plusieurs, anciens, ont besoin de rénovation. 

Une association du Var souhaite généraliser cette mise en conformité à l’ensemble du pays. Une plainte a été déposée au Conseil d’Etat, la plus haute juridiction administrative.

(Ecrit avec Matthieu Chouvelon et Eric Foissac)