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La Polémique au Marathon des mots se propage jusqu'à l'adjoint à la culture

© MaxPPP
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Des auteurs et acteurs culturels toulousains publient un "appel" à l'occasion des 10 ans du Marathon des Mots (26 au 29 juin), dont ils se sentent exclus. On compte déjà plus d'une centaine de signatures. Les organisateurs réfutent avoir écarté quiconque. 

Par Fabrice Valery

Le Marathon des Mots, qui se tient à Toulouse du 26 au 29 juin prochains et fête à cette occasion sa 10ème édition, s'est-il coupé du monde culturel local et particulièrement des auteurs ?

C'est en tout cas le sentiment de plus d'une centaine d'auteurs, romanciers, auteurs jeunesse et acteurs culturels locaux( y compris des comédiens qui participent eux-mêmes au Marathon cette année) qui publient ce vendredi 20 juin un communiqué dans lequel ils s'étonnent de "ne pas avoir été conviés aux festivités". Pour eux, le Marathon des Mots a "oublié en chemin les créateurs grâce auxquels il s'est implanté dans la ville et (...) ignore la plupart de ceux qui dans la même période se sont révélés de fort belle manière au public". 

On n'est pas contre le Marathon des Mots. Au contraire, on est avec. Mais ils le font sans nous !" 
                                                                   Pascal Dessaint


Qu'ils se nomment Didier Goupil (auteur du très remarqué "Les tiroirs de Visconti" en 2013), Pascal Dessaint ou Frédérique Martin, les auteurs-signataires de ce communiqué expriment davantage un regret qu'une colère. "Ils ne nous connaissent pas, dit par exemple Pascal Dessaint, qui a participé aux neuf premières éditions mais qui a senti que le lien se délitait année après année. Donc ils sont dans la posture de celui qui ne peut pas travailler avec des gens qu'il ne connaît pas". L'auteur toulousain évoque les 3 premières éditions qui "faisaient écho aux auteurs locaux" mais il parle aussi "des indélicatesses" de la part des organisateurs. 

Une rencontre avec la mairie

Les auteurs toulousains avaient évoqué cette situation avec l'ancien maire PS Pierre Cohen et son adjointe à la culture Vincentella de Comarmond. Après les élections municipales de mars dernier, ils ont écrit au nouveau maire UMP Jean-Luc Moudenc. Celui-ci leur a demandé de se rapprocher du nouvel adjoint à la culture, Francis Grass.  La publication du communiqué et de la liste des signataires a donc été programmée ce vendredi, à une semaine du 10ème Marathon des Mots. 
Ce samedi la rencontre a eu lieu avec le nouvel adjoint qui a évoqué la rediscussion en cours du contrat et qui , à cette occasion, propose de rediscuter de la place des auteurs locaux.

"On a écarté personne"

Serge Roué, le directeur du Marathon des Mots, réfute toute volonté d'exclure les auteurs locaux. "On n'a écarté personne", explique-t-il, "on travaille avec de nombreuses compagnies locales, avec des théâtres" même s'il reconnaît que cette année, il y a moins d'auteurs toulousains programmés que d'habitude, sans doute "parce qu'ils ont moins d'actualité en cette saison". Sans volonté de polémiquer, Serge Roué indique que le Marathon n'est plus partenaire de la ville de Toulouse mais de la métropole et qu'à ce titre de nombreuses communes, des services culturels, des médiathèques ont demandé à bénéficier d'auteurs dans la thématique générale de l'année (La Turquie et l'Europe du sud) : "Ils préfèrent avoir un auteur turc, dit-il, plutôt que des gens du coin qu'ils peuvent inviter toute l'année". 

On exige beaucoup du Marathon des mots, on le critique beaucoup"
                                                                Serge Roué


Pour lui, cet "appel" sous la forme d'une pétition ("parce qu'à Toulouse, on pétitionne avant de discuter"), exprime surtout l'inquiétude des auteurs régionaux après l'annonce de l'arrêt de "Vivons Livres" (NDLR : le Centre Régional des Lettres a décidé, en concertation avec ses financeurs dont la Région Midi-Pyrénées, d'arrêter le traditionnel salon des éditeurs et auteurs régionaux et de mettre en place une nouvelle politique de promotion des livres régionaux). "On réfléchit à inviter davantage d'auteurs régionaux au Marathon d'automne", précise Serge Roué qui s'amuse aussi de l'intérêt que suscite le Marathon des Mots à Toulouse : "On exige beaucoup du Marathon, on le critique beaucoup, dit son directeur, mais on est bien content d'avoir une des manifestations autour du livre les plus importantes en France et même en Europe"

Vidéo : le reportage de Stéphanie Bousquet et Eric Foissac
Polémique au Marathon des mots

 

L'intégralité du communiqué

Nous publions ici l'intégralité du communiqué des auteurs et acteurs culturels locaux :

"Le Marathon des Mots va fêter ses 10 ans... et nous aurions aimé, écrivains et acteurs de la vie culturelle vivant à Toulouse et dans sa région, pouvoir nous en réjouir pleinement. Ce ne sera pas le cas. Non pas que nous n’aimions pas les anniversaires, bien au contraire, ou que nous ne goûtions pas la manifestation, au demeurant éclectique et de qualité. Mais plus prosaïquement parce que nous n’avons pas été conviés aux « festivités ». Il fut un temps où, très naturellement, la programmation affichait un certain équilibre entre les gens d'ici et d'ailleurs. Il y avait même des "appels à projets" et des réalisations plutôt exaltantes. Le Marathon des Mots reste un très bel événement mais on peut s'étonner, dix ans plus tard, qu'il ait oublié en chemin les créateurs grâce auxquels il s'est implanté dans la ville et qu'il ignore la plupart de ceux qui dans la même période se sont révélés de fort belle manière au public. Question d'affinités et de goût sans doute. Force est cependant de constater que le Marathon des Mots, aujourd'hui événement emblématique de Toulouse, n'a jamais été aussi loin de Toulouse. Pour les dix ans, c'est décevant et pour le moins regrettable. Nous lançons donc un appel aux institutions et aux partenaires publics et privés qui soutiennent politiquement et financièrement l'événement, leur demandant d'agir afin que Le Marathon des Mots ne se comporte plus avec les acteurs culturels d'ici comme Dom Juan avec les paysannes qu'il rencontre sur sa route. Si l'on désire sincèrement le rayonnement de Toulouse, y vivre ne doit pas être un handicap, mais au contraire un atout."

Les 104 premiers signataires, par ordre alphabétique :

Catherine Aira (réalisatrice), Jean-Pierre Alaux (auteur), Claire Ambill (animatrice radio), Francis Azéma (comédien), Nicolas Bacchus (auteur compositeur), Michel Baglin (auteur), Gilbert Baqué (auteur), Jean-Pierre Beauredon (comédien metteur en scène), Antoine Bersoux (comédien), Jacqueline Berteaux (membre du café littéraire d’Escalquens), Philippe Berthault (auteur), Ludovic Beyt (comédien), Cyril Binot (Association Avancez Culturel), Florence Blomme (libraire),  Philippe Blomme (libraire), Myriam Bonnet (animatrice culturelle), Louise Boudevin (comédienne), Grégory Bourut (comédien metteur en scène), Marion Bouvarel (comédienne), Brèves (revue), Marie Brunerie (auteur), Julien Campredon (auteur), Cécile Carles (comédienne), Manu Causse (auteur), La Cave Poésie, Sire Cédric (auteur), Franciam Charlot (artiste), Yves Charnet (auteur), Enrico Clarelli (vidéaste metteur en scène), Anne-Marie Cadot-Colin (écrivaine de jeunesse), Michel Cosem (auteur), Solenn Colleter (auteur), Rachel Corenblit (auteur jeunesse), Yvan Cujious (auteur compositeur), Frédéric Cyprien (comédien auteur), Sophie Delarue (comédienne), Dominique Delpiroux (auteur), Pascal Dessaint (auteur), Laurent Deville (comédien metteur en scène), Hélène Duffau (auteure), Alain Dumas (comédien), Pierre-Charles Durouchoux (artiste), Magali Duru (auteur), Roger Estève (artiste), Brigitte Fischer (chorégraphe), François Fehner (comédien metteur en scène), Olivier Gil (chanteur), Philippe Goirand (chanteur), Didier Goupil (auteur), Chrysostome Gourio (auteur), René Grando (écrivain réalisateur), Emmanuel Grimault (photographe), Michel Grossin (libraire), Elisabeth Guyon (auteur), Lionel Hignard (auteur), Cécile Jaquemet (comédienne), Philippe Jalbert (auteur illustrateur jeunesse), Olivier Jeannelle (comédien metteur en scène), Abdelmadjid Kaouah (poète), Christophe Lafargue (comédien metteur en scène), Sophie Lamoureux (auteur), Eric Lareine (auteur lecteur), Philippe Lasterle (Club littéraire du Belvédère), Annick Latil (membre du CRL), Pierre-Brice Lebrun (écrivain), Anne Lefèvre (directrice artistique du théâtre Le Vent des Signes), Pierre Le Coz (auteur), Christelle Lehallier (comédienne), Anne Letuffe (auteure jeunesse), Nicole Marie (scripte), Corinne Mariotto (comédienne) Frédérique Martin (auteure), Vincent Martorell (auteur), Marie Mélisou (auteur), Monique Marty (comédienne metteur en scène), Sylvie Maury (comédienne participante et solidaire), Santiago Mendieta (journaliste, auteur et éditeur), Claude Mesplède (auteur), Jacques Mitsch (réalisateur), Jules Nectar (chanteur), Marianne Néplaz (auteur réalisatrice), Michela Nicastro (animatrice d’un cercle littéraire), Nathalie Pagnac (comédienne), Daniel Passerini (mécène culturel), Gilles Pedoussaut (monteur), Laurent Pérez (comédien metteur en scène), Jo Péron (animateur radio), Francis Pornon (auteur), Bernadette Pourquié (auteure), Odile Robinot (chineuse littéraire), Gislhaine Roman (auteure jeunesse), Christophe Ruetsch (compositeur), Berni Santoni (chanteuse), Benoît Séverac (auteur), Martine Tatger (libraire), Rodolphe Testut (chanteur), Nicolas Simonneau (comédien), Anne-Christine Tinel (auteure), Florence Thinard (auteure), Jan Thirion (auteur), Jean-Julien Urbain (mécène culturel), Emmanuelle Urien (auteur), Catherine Vergnes (artiste), Etienne Zénone (auteur compositeur).

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