"La promesse de rachat, je n'y crois absolument pas" : les salariés de Brico Privé débrayent pour leurs conditions de licenciement

Le site de vente en ligne de matériel de bricolage à petits prix de Toulouse (Haute-Garonne), bricoprive.com, doit fermer dans les mois qui viennent. Il ne serait pas assez rentable. Un plan social a été présenté le 12 janvier 2024, mais les salariés ont arrêté le travail ce matin pour obtenir une information claire sur les conditions de leurs licenciements.

Une cinquantaine de salariés de Brico Privé a débrayé ce matin devant l'un des deux sites logistiques du groupe à Castelnau d'Estrétefonds, au nord de Toulouse. Ils veulent connaître les conditions exactes de leurs licenciements qui devraient intervenir d'ici à l'été si l'entreprise ne trouve pas repreneur. Ils demandent à ce qu'un dialogue soit établi avec leur direction qui fait l'impasse, à leurs yeux, sur des informations essentielles.

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Les salariés de Brico Privé débraye pour avoir des informations sur leurs licenciements à venir. ©FTV

"Aujourd'hui c'est ça qu'on demande : s’il y a un repreneur, présentez-nous la proposition, qu'on l'étudie, qu'on regarde les conditions de travail parce que c'est bien beau sur le papier d'annoncer un repreneur, mais si c'est pour que justement Les Mousquetaires se défilent et qu'on soit licencié six mois après par ce repreneur sans rien du tout, là, on n'accepte pas", explique Karoline Vitrant, déléguée du personnel FO du CSE Brico Privé.

"C'est là où on est très sceptique, c'est là où on se pose des questions... poursuit-elle. Est-ce que c'est pour le bien de l'entreprise Brico Privé, pour le bien des 174 salariés ou c'est pour que, encore une fois, le groupement Les Mousquetaires se défile et ne veuille pas assumer ses responsabilités ?" questionne-t-elle en demandant à ce que la direction vienne dialoguer et que des conditions de départ dignes soient actées.

Repreneur potentiel ?

Les salariés qui manifestent sont encore sous le choc de l'annonce des licenciements. "Je suis à 5 ans de la retraite et je comptais finir ma carrière ici et puis non, explique Pascale Roman, l'une des salariées très émue. Je pense qu'ils savaient, ils ne pensent pas aux gens. Comment on peut faire ça aux gens, ils nous prennent pour des imbéciles (...). La promesse de rachat, je n'y crois absolument pas. Ils nous en auraient fait part depuis longtemps, je pense. Pour moi, c'est du pipeau, du pipi de chat. Je n'ai aucun espoir, c'est pour ça que je suis dans cet état-là. C'est inhumain ce qu'ils font". 

J'ai ma maison encore à payer... Comment je vais faire ?

Pascale Roman, salariée de Brico Privé

"Je pense aussi à mes collègues, il n'y a pas que moi dans ce cas-là. Je pense aussi à Fred et Valérie qui sont quand même des personnes handicapées, qui sont sourdes... Comment ces gens-là peuvent se regarder dans une glace et virer ces gens-là aussi ? Ce n'est pas normal. Pour rien. On nous dit "voilà moi, je pèse 53 milliards d'euros et puis tiens, prends peanuts et va t'acheter un malabar". Mais j'ai une maison, la plupart des gens ont une maison à payer, ils ont une famille".

Jeudi dernier, le 21 mars, lors d'une réunion dans le cadre du PSE (plan de sauvegarde de l'emploi), le nom d'un repreneur potentiel a été annoncé. Une clause de confidentialité interdit aux représentants du personnel de communiquer son nom. Un interdit qui a provoqué colère et incompréhension chez les salariés qui vivent très mal les incertitudes concernant leur avenir.

Avec la fermeture du site internet, c'est l'ensemble du personnel, 174 employés, qui devraient se retrouver au chômage. Le groupe d'entreprises Les Mousquetaires (Intermarché, Bricomarché, Brico Cash, Rapide Pare-Brise, American Car Wash...) est actionnaire majoritaire de la société depuis 2020. Il estime que bricoprive.com n’est plus assez rentable. L'entreprise est répartie sur 3 sites : le siège à Montaudran au sud de Toulouse et les deux centres logistiques : Eurocentre à Castelnau d'Estrétefonds au nord de Toulouse et la banlieue de Lyon. 

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