"La sécurité de nos enfants avant tout" : l'annulation des activités de la MJC comprise par les habitants, pas le manque de moyens

Après plusieurs actes de violence sous fond de trafic de drogue, la MJC du quartier d’Empalot à Toulouse (Haute-Garonne) a décidé de suspendre ses activités et événements. Une mesure nécessaire mais qui interroge les habitants.

Le mois de juin est traditionnellement celui des fêtes de fin d’années et des activités estivales. Les événements se multiplient à Toulouse (Haute-Garonne), sauf dans le quartier d’Empalot. Les habitants ont appris en début de semaine l’annulation des activités et événements de la MJC. “Je ne m’y attendais pas”, réagit Sarah, une éducatrice du quartier. “C’est aussi une déception parce que c’est un quartier très vivant, avec beaucoup d’associations, c’est ce que nous avons trouvé super à notre arrivée. La MJC fait beaucoup de choses pour la vie de ce quartier. C’est dommage qu’ils soient victimes au point de devoir annuler tout ce qu’ils ont mis en place, ça coupe l’ambiance estivale qui débutait.”

Des annulations pour raison de sécurité

A l’origine de cette décision, une course poursuite d’individus armés à proximité de la MJC samedi dernier. L’établissement reste ouvert mais la direction évoque une mesure de prévention : elle souhaite éviter la foule dans l’établissement. Un choix qui questionne dans le quartier. “On parle beaucoup d’insécurité dans le quartier, l’an dernier déjà la MJC a fermé après des coups de feu et un meurtre, mais je n’ai pas l’impression que ça bouge pour autant, ni qu’on mette les moyens pour améliorer les choses”, analyse une militante associative. “Si les moyens humains avaient été déployés pour sécuriser ces événements, il n’y aurait pas eu d’annulation.” 

Une décision difficile mais comprise par les habitants. “Je l’ai annoncé à mon fils”, raconte cette maman dont l'enfant a vu ses cours de judo annulés. “Il était déçu, il m’a demandé pourquoi l’année se terminait comme ça. Il se réjouissait de participer à la fête de fin d’année mais avec ce qu’il s’est passé, il ne fait plus rien, c’est dommage. Mais la sécurité de nos enfants, et la notre, passe avant tout. On aimerait bien que le quartier soit sécurisé.” 

Manque de moyens humains

Une insécurité attribuée par les habitants au manque de moyens affectés à Empalot. En 1 an, le quartier a connu 2 homicides et plusieurs faits de violence. Le tout sur fond de trafic de drogue et de bataille pour le contrôle du quartier. Il est classé prioritaire. “Les habitants demandent le retour d’une police de proximité, une police qui fonctionnait”, réagit Anaïs Saint-Aubin, la conseillère départementale de Haute-Garonne du canton d’Empalot. “Autrement dit, il faut plus de moyens humains et financiers, surtout humains, il faut de la présence. Que fait la mairie, que fait l’Etat pour le quartier d’Empalot et pour les quartiers en général ? Ils nous disent qu’ils nous ont envoyé plus de moyens mais où sont-ils ?” 

Suite à ces événements, la réunion trimestrielle de veille de sécurité du quartier, initialement prévue fin août, a été avancée à la semaine prochaine.

Quant à la mairie, elle nous a finalement répondu par mail que la situation était au coeur de ses préoccupations. Selon elle, il appartient maintenant à la Police judiciaire de mener son travail d’enquête. 

(Ecrit avec Sandra Wachlewicz)

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