Le festival "Jazz en Comminges" veut continuer de partager le "virus" de la musique

Annulé l'an dernier, la 18ème édition du festival "Jazz en Comminges" est pour l'instant maintenue du 12 au 16 mai 2021. Avec une jauge réduite, sans les apports de la restauration et des buvettes, le manque à gagner sera important. La viralité de la musique face à la pandémie pour garder le moral.

© Shashin studio

Le 26 septembre 2020, une soirée de soutien au festival Jazz en Comminges s'était déroulée au Parc des Expositions du Comminges tout proche de Saint-Gaudens. En jauge réduite et avec toutes les précautions sanitaires, le public avait pu renouer avec la musique en live des artistes Jacky Terrasson, Stéphane Belmondo et Lisa Simone. Tout s'était bien passé, sans aucun cluster. Forts de cette expérience, les organisateurs maintiennent pour l'instant le festival pour le mois de mai. Une décision définitive sera prise le 15 mars.

Ce n'est pas l'édition 2021 qui m'inquiète le plus mais celle de 2022.

Evelyne Joyer, nouvelle présidente du festival Jazz en Comminges

Déjà 20 000 € de pertes sans les buvettes et la restauration

Le 20 mars 2021, Nathalie Dessay et Anne Paceo devaient se produire dans le cadre des concerts de printemps qui servent à remercier les partenaires et annoncer le festival. Ce prélude est annulé, mais les organisateurs font tout pour maintenir le festival prévu du 12 au 16 mai. "Même si nous ne sommes pas un festival d'été, nous serions soumis aux mêmes règles que celles annoncées par la Ministre de la culture : une jauge réduite, des concerts assis, sans restauration ni buvette". La nouvelle présidente Evelyne Joyer veut maintenir cet événement, pour le moral des organisateurs et des artistes. Mais elle connaît bien les difficultés car jusqu'à présent, elle s'occupait de la partie OFF qui sert de tremplin à des artistes principalement de la région Occitanie.

Le budget du festival s'élevait à 350 000 € pour 2020. Cette année il est réduit à 290 000 €. "L'an dernier, nous avons perdu 90 000 € principalement sur les frais de structures engagés comme par exemple pour la communication, et les accomptes versés aux artistes lors de la signature des contrats. Cette année, sans buvette, ni restauration et produits dérivés, nous risquons de perdre 20 000 € sans compter le manque à gagner de la billetterie avec la jauge réduite à 1 000 places au lieu de 2 000."  

Un équilibre difficile à tenir

Ce festival Commingeois qui se déroule à Villeneuve-de-Rivière et Saint-Gaudens (31) a la particularité de ne pas avoir beaucoup de financements publics. Il s'appuie surtout sur le partenariat privé, avec une soixantaine de partenaires essentiellement de la région. "On maintient l’équilibre depuis 18 ans grâce à ce partenariat privé qui représente 40% du budget. La billetterie c'est aussi la même proportion, d'où l'importance pour nous d'avoir des têtes d'affiche. La jauge réduite de moitié, c'est deux fois moins de rentrées financières. Il y aura aussi un surcoût important pour désinfecter tous les soirs les lieux de spectacle."

Pour sa présidente de l'association organisatrice dénommée CLAP, il faut maintenir cet événement aussi bien pour le IN que le OFF qui se déroule habituellement sous chapiteau où les précautions sanitaires seront plus compliquées à mettre en place, mais un autre lieu à Saint-Gaudens pourrait accueillir le OFF. Garder aussi le tremplin pour les jeunes talents, mais annuler les spectacles de rues avec les artistes locaux. Évidemment, il faudra aussi l'autorisation de la préfecture et attendre pour voir si les lieux culturels auront rouvert d'ici le mois de mai car le festival fonctionne aussi avec le Cinéma Le Régent qui programme des films sur le jazz, ou encore le Centre d'Art contemporain Chapelle Saint-Jacques.

Le chapiteau Magic Mirrors où se déroule le OFF
Le chapiteau Magic Mirrors où se déroule le OFF

Ce sont tous ces éléments qui pèseront dans la balance pour décider le 15 mars prochain du maintien ou pas de cet événement. "On a validé une procédure, nous savons comment faire, tous les bénévoles sont bien briefés. Pour cette année, nous avons une trésorie saine donc ça devrait passer. Mais c'est la prochaine édition qui m'inquiète car dans un tel contexte, nos partenaires vont avoir du mal à nous suivre comme avant", déclare Evelyne Joyer.

S'il venait a être déprogrammé, le festival pourrait se tenir à la Toussaint. L'équipe dirigeante du festival et les 80 bénévoles croisent les doigts. Car la programmation est riche  : Thomas Dutronc, Nathalie Dessay, Ibrahim Maalouf, Jean-Luc Ponty et Sarah McKenzie entr'autres.

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