Meurtre de Martine Escadeillas en 1986 : vingt ans de prison requis contre l'accusé

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Écrit par Marie Martin (avec AFP)

Lors du quatrième jour du procès de Joël Bourgeon devant la cour d'assises de Haute-Garonne pour le meurtre de Martine Escadeillas, une jeune secrétaire disparue fin 1986 dans l'agglomération de Toulouse et dont le corps n'a jamais été retrouvé, le parquet a requis vingt années de réclusion contre celui qui continue de clamer son innocence.

Il n'y a "pas de doute raisonnable sur la culpabilité de Joël Bourgeon", un ancien ami de Martine et de son compagnon Thierry Milicevic, a déclaré l'avocat général Nicolas Ruff.

"Un faisceau d'indices grave et concordant"

Devant la cour d'assises de Haute-Garonne, le parquet a invité une nouvelle fois l'accusé, qui clame son innocence depuis le début de son procès vendredi, à dire ce qu'il a fait du corps de cette femme, âgée de 24 ans lors de sa disparition. Lors de son réquisitoire, l'avocat général a passé en revue "le faisceau grave et concordant" d'indices que, faute de preuves irréfutables, les enquêteurs ont mis en avant en amont de ce procès.
Reconnaissant des "errements" depuis 1986 dans l'enquête, "laissée en jachère pendant des années et des années", Nicolas Ruff a toutefois réfuté que les aveux faits par l'accusé en 2019, avant de se rétracter, lui ont été "extorqués".

Un proche de la victime et de son compagnon

L'accusé, aujourd'hui âgé de 58 ans, était très proche du compagnon de Martine. Ils jouaient ensemble au football, faisaient des sorties à moto et avaient été invités à un déjeuner chez les parents de la jeune femme la veille de sa disparition.
Arrêté plus de trois décennies plus tard, il a avoué avoir tué Martine, sans préciser où se trouvait le corps. Une semaine plus tard, il s'est rétracté, arguant que ses aveux lui avaient été dictés par les enquêteurs.

Pas d'aveu

Mercredi, peu avant la fin de son réquisitoire, l'avocat général a noté que l'accusé "ne dit pas où se trouve le corps et continue à faire souffrir la famille" de Martine, mais aussi la sienne, également présente dans la grande salle. "Cette audience aurait pu être l'occasion d'atténuer certaines de ces souffrances", mais "vous n'avez rien lâché", a ajouté Nicolas Ruff.
Avant de demander aux jurés de condamner l'accusé à "20 ans de réclusion criminelle".

Pour l'avocat de la famille de Martine, maître Frédéric David, quelle que soit l'issue du procès qui doit se conclure mercredi soir, il sera marqué par une forme d'"échec" s'il ne permettait pas de retrouver le corps de la jeune femme disparue il y a plus de 35 ans.