Disparition de Martine Escadeillas près de Toulouse en 1986 : le principal suspect reste en prison

Publié le
Écrit par Karine Pellat

La cour d'appel de Toulouse s'oppose à la remise en liberté du principal suspect dans la disparition de Martine Escadeillas, une secrétaire de 24 ans disparue en 1986, à Ramonville. Incarcéré depuis 2019 à la maison d'arrêt de Seysses, cet ami de la victime pourrait être jugé à l'automne.

Le meurtrier présumé de Martine Escadeillas, reste incarcéré à la maison d'arrêt de Seysses. Sa nouvelle demande de remise en liberté a été rejetée par la cour d'appel de Toulouse, le 18 janvier. Celle-ci met en avant "un risque de fuite" du suspect avant son procès prévu à l'automne.

Rappel des faits

Le 8 décembre 1986 à Ramonville, près de Toulouse, Martine Escadeillas, une jeune femme de 24 ans, disparait.

Ce jour-là, elle conduit en voiture son compagnon à un arrêt de bus de Ramonville, mais elle ne se présente pas sur son lieu de travail, où elle est attendue. Sans nouvelle, sa famille s'inquiète et donne l'alerte.

Des traces de son sang sont alors retrouvées sur le palier de son appartement, au 3ème étage, et au sous-sol de son immeuble.

Son corps n'a jamais été retrouvé.

Un suspect arrêté 32 ans après les faits

C'est une amie de la victime qui va désigner un suspect potentiel, un ami de Martine Escadeillas, dans un courrier adressé aux enquêteurs, en janvier 2016.

Grâce aux nouveaux éléments contenus dans cette lettre, l’affaire, classée sans suite en 1989, est relancée. 

En 2019, 32 ans après les faits, les gendarmes arrêtaient donc, en Isère, un de ses amis de l’époque, un père de famille alors âgé de 55 ans. 

En garde à vue, le suspect reconnaît les faits...

Lors de sa garde à vue, le suspect se livre et raconte : le soir du drame, il se serait rendu chez la victime qu’il connaissait pour lui déclarer son amour. Il raconte qu’une dispute violente a éclaté, qu’il a exercé des violences sur la jeune femme. Elle aurait alors tenté de fuir, il l’a poursuivie dans le couloir, l’altercation et la rixe ont continué, et la victime serait décédée vers le bas de l’escalier. L’agresseur aurait ensuite déposé le corps dans une cave, ce qui correspond aux traces de sang relevées à l’époque. La confusion devient totale ensuite : aucune explication sur la disparition du corps notamment.

Puis se rétracte...

Après être partiellement passé aux aveux lors de sa garde à vue, expliquant le meurtre par son dépit amoureux et sans dire où il s’était débarrassé du corps, il se rétracte, dix jours après. Il expliquera que ces "aveux" lui ont été dictés par les enquêteurs.

Mis en examen pour homicide volontaire, il ne cesse depuis de clamer son innocence. Il est aujourd'hui âgé de 58 ans.

Une ordonnance de mise en accusation a été délivrée par la cour d'appel de Toulouse, la date du procès devant la cour d'assises de la Haute-Garonne n'a pas été fixée, mais il pourrait se tenir à l'automne.