Mission Alpha. Comment le centre spatial de Toulouse suit la mission de Thomas Pesquet dans l'espace

Le centre spatial de Toulouse est au coeur de la mission Alpha qui démarre ce vendredi pour une durée de six mois, avec le retour de Thomas Pesquet dans l'espace. Le CNES Toulouse va suivre les expériences menées à bord de la station spatiale internationale. 

Au centre spatial de Toulouse, il y a une salle où on ne dort jamais. C'est le CADMOS, le  centre d'aide au développement des activités en micro-pesanteur et des opérations spatiales.

Dans cette vaste pièce truffée d'écrans qui n'a rien à envier à la NASA, ingénieurs et scientifiques du CNES suivent 24h sur 24 ce qui se passe à bord de l'ISS, la station spatiale internationale. C'est ici que les expériences menées par Thomas Pesquet et ses équipiers seront suivies et analysées. 

L'impact d'un séjour longue durée dans l'espace sur le corps humain

A bord de l'ISS, à 400 km de la Terre, les expériences scientifiques sont menées en micro-pesanteur c'est-à-dire en quasi absence de pesanteur. Les astronautes travaillent sur les fluides, différents types de matériaux ou de végétaux, mais aussi sur le cerveau, les muscles ou l'équilibre chez l'être humain. L'idée est d'étudier l'impact sur le corps humain d'un séjour longue durée dans l'espace (la mission Alpha de Thomas Pesquet va durer six mois).

Ces expériences sont préparées et commandées par des laboratoires français et européens, puis embarquées dans le vaisseau qui rejoindra l'ISS. A bord, les astronautes sont donc en mission commandée pour manipuler ces expériences quand ils ne sont pas eux-mêmes cobayes.

12 expériences pour préparer le voyage vers la Lune et Mars

Douze expériences seront ainsi suivies au centre spatial de Toulouse. L'une d'elle va étudier l'impact des radiations dans l'espace. C'est un problème majeur pour l'exploration spatiale : comment se protéger des radiations dangereuses pour la santé ? Elles peuvent avoir un impact sur le vieillissement des cellules humaines.Une autre expérience consiste à surveiller la qualité du sommeil des astronautes qui est alterée par l'absence de pesanteur. 

Il y a aussi le fameux "blob", cette expérience 100% toulousaine. Le blob est un organisme original : ni animal, ni végétal, ni champignon. Développé par le CNRS à Toulouse, cet organisme constitué d'une seule cellule se développe dans des boîtes de pétri. L'idée est de comparer son développement sur Terre et dans l'espace. 

La station spatiale internationale fête cette année ses 21 ans. Le bilan des centaines d'expériences menées à bord depuis l'an 2000 est en demi-teinte : entre succès et avancées scientifiques (étude du corps humain dans l'espace notamment) et coût exorbitant des missions de l'ISS. Mais l'aventure se poursuit. La station spatiale internationale restera opérationnelle pour ces expériences au moins jusqu'en 2024. 

 

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
espace sciences thomas pesquet le spationaute normand recherche