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Un mystérieux botaniste graffeur identifie les plantes qui poussent sur les trottoirs de Toulouse

© @nahotchan / Twitter
© @nahotchan / Twitter

Des inscriptions à la craie permettent de reconnaître des plantes sauvages qui poussent dans les interstices du bitume.

Par Fabrice Valery

Pourpier maraîcher, Eleusine d'Inde, Renouée persicaire... Un peu de poésie dans un monde urbain brutal !

Depuis quelques jours, les habitants du quartier du Busca à Toulouse ont découvert des graffitis pas tout à fait comme les autres. Sur le bitume des trottoirs, un(e) botaniste s'est amusé(e) à tracer à la craie les noms des plantes qui poussent dans les interstices, se faufilent dans les failles et trouvent une place, vaille que vaille, sous les pas des piétons.

Un peu de poésie

Une habitante du quartier, séduite par ce moment de poésie et cette initiative, a pris quelques photos qu'elle a partagé sur Twitter. Cette démarche a remporté un énorme succès : le tweet, en moins de 24 heures, a été "liké" plus de 20 000 fois. 
 

Une démarche qui se répand

Cette façon, éphémère ou pas, d'identifier les plantes qui poussent sur les trottoirs n'est pas nouvelle. Elle existe depuis plusieurs années dans d'autres villes de France, notamment à Nantes, où une conteuse, Frédérique Soulard, en a même fait un spectacle, "Belles de bitume".

Une déambulation, contée et mimée, au cours de laquelle elle incite les spectateurs à écrire à la peinture les noms des plantes qui courent sur les trottoirs de la ville. 

La trace du nom écrit au sol qui demeure quelques mois enracine nos pas dans notre quotidien et nous rappelle notre lien à la terre (Frédérique Soulard)

La conteuse, comédienne et botaniste amateure, exporte son spectacle dans d'autres villes du pays. Aurait-elle ainsi donné des idées à l'auteur des graffitis toulousains ? En tout cas, si elle se réjouit de la prolifération de son idée, elle n'est pas personnellement l'auteure des inscriptions à Toulouse.

"Des fleurs sur mon mur" à Toulouse

A Toulouse, comme dans toutes les villes de France, la nature, par moment, parvient à reprendre le dessus sur le béton et le bitume. Poussent alors, tant bien que mal, pourpier, figuier et toute graine que le vent aura poussé.

Mais il y a aussi une version "officielle" du retour de la nature sur les trottoirs. Depuis plusieurs années, les Toulousains sont incités à fleurir les murs de leur maison. Il suffit de faire une demande à la mairie. Les services techniques évaluent alors la capacité du sol, sous le bitume, à accueillir une plante puis procèdent à la création d'une "fosse" sur le trottoir. A vous ensuite d'y planter vos fleurs...

Le mystère du botaniste graffeur

La pluie de ce mardi a effacé les inscriptions faites à la craie. Peut-être reviendront-elle bientôt.

Pour le moment, le botaniste qui graffe les noms des plantes sur les trottoirs de Toulouse n'est pas identifié. Est-ce un spécialiste des végétaux du Muséum tout proche ? Le Muséum affirme qu'aucune action de ce type n'est menée "en son nom"... Mais, selon une indiscrétion, l'auteur des graffs serait bien un salarié, botaniste, qui agit en son nom personnel.

Qu'importe. C'est l'esprit du graff, qu'il soit botanique ou pas : ce qui compte c'est le message, pas l'auteur. 

MISE A JOUR DU 21 AOUT : 
Alors que le Muséum de Toulouse nous avait assuré, mardi 20 août, qu'il n'avait pas de lien avec cette opération, le blog du Muséum a publié, à la suite de notre article, le 21 août, un post indiquant qu'un botaniste y travaillant, Boris Presseq, et un ami et confrère Pierre-Olivier Cochard, naturaliste, "réalisent régulièrement, depuis le mois d’avril 2019, des missions d’inventaire de la flore sauvage dans le centre-ville toulousain". C'est à l'occasion de ces "missions" qu'ils ont noté le nom des plantes recencées sur les trottoirs. Fin du mystère.

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