Le mythique studio Condorcet, exproprié, cherche désespérément un nouveau local à Toulouse

Le studio Condorcet de Toulouse a vu le jour en 1971. / © Studio Condorcet
Le studio Condorcet de Toulouse a vu le jour en 1971. / © Studio Condorcet

Le studio d'enregistrement Condorcet, installé à Toulouse depuis 1971, sera rasé en 2020, dans le cadre du réaménagement du quartier de la gare Matabiau. Son directeur cherche en vain un nouveau lieu dans la ville rose. Unique studio en centre ville, Condorcet a accueilli de nombreux artistes. 

Par Marie Martin

Des grands artistes

Francis Cabrel, Mike Brant, Michel Sardou, Louis Chedid, Gold, Jean-Pierre Mader mais aussi Bill Coleman et Lionel Hampton : en 48 ans d'existence, le studio Condorcet de Toulouse a accueilli de grands noms de la musique française et mondiale.

Fondé en 1971 par Jacques Cardona, avec Roger Loubet, le chef d'orchestre de Michel Sardou et les frères Jean-Michel et François Porterie. Rapidement, le studio acquiert une solide réputation, on vient de loin enregistrer dans la ville rose. Au milieu des années 70, le studio s'installe avenue de Lyon, près de la gare de Toulouse Matabiau.

Un quartier entièrement remanié

C'est cette localisation qui pose aujourd'hui problème. Car le mythique studio d'enregistrement, le seul situé en centre ville, se trouve au coeur du projet TESO. Ce réaménagement total du quartier de la gare implique de nombreuses expropriations, dont celle du studio.

Olivier Cussac, qui a repris le studio en 2007, en est informé en tant que locataire depuis quatre ans. Il est désormais titulaire d'un bail précaire "avec aucun droit et aucune indemnité à la clé". 

Des propositions inabouties

La mairie et Toulouse Métropole lui ont d'abord proposé une relocalisation à la Cartoucherie, avec financement du réaménagement. Avant de faire machine arrière.  Et de proposer un local dans l'annexe du conservatoire de Croix-Daurade. Pas judicieux pour un studio, estime Olivier Cussac. 

En novembre 2018, une nouvelle proposition est faite, à la ferme Niboul de Borderouge. Mais les conditions d'entrée annoncées en juillet 2019 (soit un bail de 60 ans et un investissement minimum de 2 millions d'euros) rendent le déménagement impossible, selon Olivier Cussac.

Depuis, Olivier Cussac, à qui Toulouse Métropole propose des prêts facilités, dispositif d'aide économique aux entreprises fourni par la région Occitanie, cherche toujours un point de chute. Mais hors de Toulouse, où les loyers sont inabordables. D'autant que 200 m² seraient nécessaires.

Un rayonnement à l'international

Le studio Condorcet, où Olivier Cussac compose des musiques de films d’animation à succès comme la série « Les As de la Jungle » de la société toulousaine TAT, pourrait donc ne plus être toulousain, alors même qu'il connaît un succès international. 

Le studio sera démoli en septembre 2020 : Olivier Cussac estime le délai imparti "largement insuffisant" pour trouver et aménager un lieu adéquat. Dans une lettre en date du 27 novembre 2019, le maire de Toulouse Jean-Luc Moudenc lui rétorque que plusieurs propositions lui ont été faites, qu'il les a déclinées, voire n'y a pas répondu. Tout en affirmant l'intérêt que la collectivité porte au Studio Condorcet, Jean-Luc Moudenc ajoute : "Je tiens à vous rappeler que vous savez depuis quatre ans que vous devez quitter la zone TESO mais que vous avez volontairement attendu le dernier moment et la lettre d'éviction pour réagir, nous contraignant ainsi sur la temporalité et le budget". 

Olivier Cussac, lui, ne cache pas son amertume : "J'ai comme l'impression que le dossier n'a pas été traité avec le sérieux requis".

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