NATURE. Compter les oiseaux dans les jardins, c'est essentiel et voici pourquoi

Deux fois par an, l'observatoire des oiseaux des jardins invite tout un chacun au comptage. Pas besoin d'être un grand ornithologue pour participer à cette opération de sciences citoyennes. La preuve avec le bilan de 10 années de suivi.

Cela fait dix ans que l'opération de comptage des oiseaux des jardins a été lancée sur tout le territoire national. Sous la houlette notamment de la Ligue de protection des oiseaux, chacun peut prendre part à cette opération dite de sciences citoyennes. Et c'est un succès car le nombre d'observations ne cesse de croître. Ce qui est particulièrement important car les oiseaux sont des indicateurs de l'état de santé de la biodiversité.

Les oiseaux observés dans 24.000 jardins en France

Mésanges, rouges-gorges, merles… Il suffit d’une heure de son temps pour les compter dans son jardin, sur sa terrasse ou dans le parc d’à côté. Ce dernier week-end de janvier, place au désormais traditionnel comptage des oiseaux. Et Chantal Segui sera de la partie. "C'est un plaisir d'observer les oiseaux car on se sent un peu plus humain sur la Terre. Souvent, on les entend sans les écouter. Les gens se sont habitués à les entendre, mais apprécier la dimension de leur présence, c'est autre chose", estime cette habitante de Tournefeuille.

Dans son jardin, Chantal Segui a installé des nichoirs. "J'ai vu plusieurs nichées de près. Et j'ai constaté par exemple que certains oiseaux que l'on ne voyait pas encore sur la Haute-Garonne, maintenant s'y installent comme la fauvette mélanocéphale."

Depuis le lancement de l'observatoire des oiseaux des jardins et des opérations de comptage deux fois par an, les participations sont de plus en plus nombreuses. En 2022, plus de 200.000 données ont été récoltées et 24.000 jardins observés en France. Un record. La Haute-Garonne se situe au 10e rang avec 549 jardins où la présence des oiseaux est ainsi scrutée.

Démographie des oiseaux communs

Outre le plaisir de "se reconnecter à la nature", le comptage des oiseaux dans son jardin ou dans le parc d'à côté est une mine d'informations. "Les oiseaux présentent de nombreuses caractéristiques leur permettant d’être de très bons indicateurs de l’état de santé de la biodiversité globale", précise ainsi l'observatoire des oiseaux des jardins dans son bilan de 10 ans de suivi.

"C'est très intéressant d'avoir ces suivis parce qu'on a le même protocole qui est répété chaque année par les personnes qui vont compter, au même endroit, dans leur jardin, nous explique la coordinatrice de la délégation LPO Haute-Garonne. Cela nous permet de tirer des tendances de démographie des oiseaux communs."

On a déjà pu voir notamment que pour certaines espèces, on constate un déclin. C'est le cas par exemple pour le chardonneret élégant, le verdier d'Europe ou pour l'accenteur mouchet. Au contraire, on a des espèces qui sont plus généralistes qui, elles, ont des tendances plutôt bonnes comme pour la pie bavarde.

Mélissa Monthouel, coordinatrice de la délégation LPO de Haute-Garonne

Après dix années de comptage au printemps et en hiver, l'observatoire des oiseaux des jardins précise son analyse. "Les effectifs de 41% des espèces rencontrées dans les jardins au printemps ont ainsi diminué, confirmant le déclin lié à la déstructuration globale des écosystèmes naturels déjà observé par ailleurs." Exemple : le martinet noir est ainsi "victime de la disparition des insectes volants due aux pesticides, de la récurrence des épisodes caniculaires et des rénovations de bâtiments qui réduisent ses possibilités de nicher sous les toitures."

En revanche, les comptages en hiver révèlent une augmentation pour près de la moitié des espèces, en particulier les granivores (chardonneret élégant, pinson des arbres), alors que leurs populations nationales sont pourtant en forte régression. Explication avancée : les ressources alimentaires se raréfient dans les zones d’agriculture intensive et les oiseaux se reportent vers les jardins.

Et pour aller plus loin...

La base de données, issue de ces comptages mis en place depuis dix ans, permet aux scientifiques d'étudier "les dynamiques des populations d’oiseaux communs fréquentant les jardins, et de les comparer aux tendances constatées par les programmes de suivis ornithologiques menés par des experts." Objectif : obtenir des indicateurs nationaux d'état de santé de la nature. Et définir des actions pour protéger la faune et la flore.

Au plan local, l'office français de la biodiversité incite depuis cinq ans les communes à faire leur propre inventaire. À constituer leur atlas de biodiversité communale qui permettra, ensuite, d'engager des actions de protection spécifiques. "Tournefeuille a lancé ce projet en 2021 sur trois ans. Nous sommes en plein dans les inventaires et dans les actions, raconte Chantal Segui. On a une action hirondelle, un chemin des pollinisateurs, on replante des arbres..."

Notre passionnée de la nature est sur tous les fronts de la lutte pour la préservation de la biodiversité. Vous aussi, vous pouvez apporter votre pierre à l'édifice. N'oubliez pas ce rendez-vous fixé à samedi 28 et dimanche 29 janvier 2023.
Pour la 11ème année consécutive, la LPO et le Muséum national d'Histoire naturelle invitent les citoyens à participer au comptage hivernal national des oiseaux des jardins. Comment faire ? Suivez ce guide explicatif.

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