Occitanie : la campagne de dépistage massif à la Covid-19 provoque des embouteillages dans les laboratoires

Depuis fin juillet, les Français peuvent se faire tester pour la Covid-19, test remboursé à 100 % et réalisable sans ordonnance : les dépistages connaissent donc une augmentation d’envergure. A tel point que certains laboratoires se disent déjà débordés. Exemple à Revel, en Haute-Garonne.
 
Dans ce laboratoire de Revel (31), la capacité de test Covid est limitée à 25 prélèvements par jour.
Dans ce laboratoire de Revel (31), la capacité de test Covid est limitée à 25 prélèvements par jour. © Jean-Pierre Duntze/FTV
Selon les données communiquées par Santé Publique France, le nombre de personnes testées par semaine est passé de 9 611 fin juillet à 22 069 fin août. Et ce, rien que pour le département de la Haute-Garonne.

Partout, dans les grandes et moyennes villes, des drive de dépistage s’organisent mais cela ne suffit pas pour désengorger les laboratoires privés. Ces derniers sont littéralement pris d’assaut, d’autant plus depuis la rentrée scolaire.

25 prélèvements par jour

Or, leur capacité de tester est limitée. C’est le cas notamment du laboratoire Synlab à Revel, dans le Lauragais, en Haute-Garonne. La structure ne peut réaliser que 25 prélèvements par jour. Et les analyses ne sont pas faites sur place, mais envoyées vers un plateau technique toulousain. Les délais s’allongent, tout autant que la liste des patients mécontents de ne pas pouvoir être pris en charge immédiatement, quand ils le souhaitent. "Nous n'avons pas les moyens de répondre à la demande de la population", regrettent les responsables de cette structure.
© Jean-Pierre Duntze/FTV

Le ministre de la santé Olivier Véran avait indiqué fin août que les résultats des tests seraient communiqués sous 24 heures en moyenne mais la réalité est tout autre : d’un centre de dépistage à un autre, cela peut désormais prendre jusqu’à quatre à cinq jours, voire davantage dans certains cas.

Et puis, la politique du dépistage systématique laisse sceptiques certains biologistes. "C'est vrai qu'on arrive à trouver des positifs, ces personnes vont se mettre en quatorzaine mais quand elles vont en sortir, elles peuvent se recontaminer", explique Roseline Pironin, du laboratoire Sylab, de Revel. "Et si un test est négatif, qui dit qu'il ne sera pas positif le lendemain ? Donc, qu'est-ce qu'il faut faire ? Se faire tester une fois par semaine ? Tous les trois jours ? C'est très ponctuel et ça ne résoud pas le problème". 

En cas de doute, c'est nécessaire, parce qu'on peut agir, isoler. Et éventuellement traiter s'il y a aggravation des signes. Mais se faire tester systématiquement, je doute du résultat.

Roseline Pironin

Pression

Ce responsable d'un laboratoire de l'agglomération toulousaine déplore la situation actuelle : "L'Etat a fait des promesses que nous ne pouvons pas tenir, en terme de délais. C'est une énorme pression". 

Et le pire est sans doute à venir, avec les premiers effets de la rentrée scolaire. Les laboratoires vont sans doute devoir faire face à un nouvel afflux de patients, à chaque fois qu’un cas suspect aura été déclaré dans une classe.

Vers une multiplication des drive ?

Comment éviter la saturation totale ? Certains professionnels plaident pour la multiplication des drive, ces centres de dépistage éphémères qui peuvent s’installer partout, et accueille les patients sans rendez-vous.

D’autres, comme le docteur Jérôme Marty, généraliste à Fronton, au nord de Toulouse, et président de l’UFML (union française pour une médecine libre), préconisent que les tests puissent être réalisés partout, par les pharmaciens et les infirmières notamment.  Voir le reportage de Régis Guillon et Jean-Pierre Duntze, de France 3 Occitanie :
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