Occitanie : la castration à vif des porcelets interdite en 2021

Pratiquée dans la quasi-totalité des élevages de porcs français, la castration à vif sera interdite fin 2021. L’annonce a été faite le 28 janvier par le ministre de l'Agriculture, Didier Guillaume.
 
85% des porcelets mâles français sont castrés
85% des porcelets mâles français sont castrés © CHARLY TRIBALLEAU / AFP
Dénoncée depuis de nombreuses années par les associations comme L214, Welfarm ou l’ONG CIWF, la castration à vif des porcelets sera définitivement interdite en France fin 2021. C’est l’une des 15 mesures annoncées par Didier Guillaume pour renforcer la lutte contre la maltraitance animale et améliorer le bien-être animal.
Si la pratique est interdite dans plusieurs pays européens, elle concerne environ 85 % des porcs mâles français, soit l'équivalent de 27000 castrations par jour. 
 

Les annonces de Didier Guillaume ont été pour nous très décevantes parce que très en deçà des attentes. On a des petites annonces, sans calendrier, un peu floues.

Carole Mare, porte-parole de l'association L214 Ethique et Animaux à Toulouse


 

 
Campagne Welfarm dans le métro parisien en février 2017
Campagne Welfarm dans le métro parisien en février 2017 © PHOTOPQR/LE PARISIEN/MAXPPP


Odeur de verrat

Pratiquée au scalpel par l’éleveur sur les porcelets de moins de 7 jours, la castration a pour objectif d’obtenir des porcs plus gras mais surtout d’éviter l’odeur de verrat dégagée à la cuisson par le gras des mâles entiers (non castrés) ; une odeur provenant de certaines hormones sexuelles mâles, notamment l’androsténone et le scatol.
Chaque année en France, 10 millions de porcelets sont ainsi castrés sans anesthésie ni analgésie. Dès 2022, les éleveurs auront l’obligation de pratiquer la castration sous anesthésie locale.

Cette mesure va représenter un surcoût non négligeable. Le calcul est vite fait, 500 animaux à 10 euros c'est 5000 euros de moins à la fin de l'année.

Bernard Védère, éleveur de porcs noirs de Bigorre

Alternatives à la castration

Le Fawec (Farm Animal Welfare Education Centre - Centre de Formation en Bien-être des animaux de rente) créé par le Service de Nutrition et Bien-être Animal (SNiBA) du Département des sciences animales et des aliments de l'école vétérinaire de l'Université Autonome de Barcelone (UAB), a mené une grande étude sur la castration des porcs et sur les alternatives possibles parmi lesquelles l’élevage de mâles entiers (largement pratiqué au Royaume-Uni et en Irlande), l’immunocastration, la castration chimique ou l’élevage de femelles par sélection spermatique.

La filière porcine en Occitanie

Avec 35 768 truies, l'Occitanie possède 3% du cheptel national et produit 3% de la viande porcine française (chiffres chambre d’agriculture 2018)
Entre 2000 et 2017, la production a chuté de plus de 22%.  et reste insuffisante pour répondre à la demande des transformateurs locaux, nombreux sur le territoire. Les ateliers se concentrent dans le nord de la région (Lot-Aveyron-Tarn) qui représentent 70% de la production et dans une moindre mesure dans le Gers et les Hautes-Pyrénées.
 
La filière porcine en Occitanie
La filière porcine en Occitanie © Source : leporcdoccitanie.com/
 

Les signes officiels de qualité et d’origine du porc Occitan

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