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Occitanie : Laure Vitou se bat pour que des hommes jeunes s'inscrivent pour le don de moëlle osseuse

Laure Vitou et son mari Thibault se mobilisent pour que des donneurs s'inscrivent sur "dondemoelleosseuse.fr" / © France 3 Occitanie
Laure Vitou et son mari Thibault se mobilisent pour que des donneurs s'inscrivent sur "dondemoelleosseuse.fr" / © France 3 Occitanie

Laure Vitou est atteinte d'une leucémie et doit subir une greffe de moëlle osseuse dans les jours qui viennent. Elle se mobilise avec son entourage car en France, et particulièrement en Occitanie, on cherche des donneurs. De préférence des hommes de moins de 35 ans. 

Par Christine Ravier

Laure Vitou est atteinte de leucémie et doit bénéficier d’une greffe de moëlle osseuse. Elle a généré via les réseaux sociaux et les médias une forte mobilisation, notamment dans le monde du rugby.

Nous l'avons rencontrée en juillet. Si elle accepte de s’investir dans la communication, c’est pour l’ensemble des patients en attente de greffe. Ils sont 2000 comme elle, en France, chaque année.
 

Echec des chimios


C'est en mars que tout a basculé. Laure Vitou apprend qu’elle est atteinte d’une leucémie. Un coup d’arrêt dans la vie de cette femme de 35 ans, mère de deux enfants. Elle subit une première chimiothérapie à l’oncopole qui ne fonctionne pas.

En vidéo, le reportage de Christine Ravier, Patricia Chalumeau, Olivier Denoun, Abdel Zouioueche et Manon Bazerque


Cinq semaines d’enfermement sans voir ses jeunes enfants. En vain. Une deuxième chimio, plus lourde, suit. C’est l’échec à nouveau. La seule issue pour la sauver : une greffe de moelle osseuse. 
 

8 millions de donneurs en Allemagne


Très vite son entourage réagit. Laure est directrice de Provale, le syndicat du rugby basé à Toulouse. Son mari et ses collègues parviennent, via les réseaux sociaux et les médias, à mobiliser des donneurs potentiels.

L’idée est d’inciter le plus de personnes possible à s’inscrire sur le site "don de moëlle osseuse". L’enjeu est d’augmenter le nombre de donneurs en France. Ils sont à peine 300.000, dont 20.000 en Occitanie alors qu’en Allemagne, le registre recense 8 millions de candidats.
 

1 chance sur 1 million


"En théorie, un malade a 1 chance sur 4 d'être compatible avec un frère ou une sœur, car il existe quatre possibilités différentes de distribution des antigènes HLA. En dehors de la fratrie, la probabilité d'être compatible entre deux individus pris au hasard est très rare : 1 chance sur 1 million" peut-on lire sur le site "don de moëlle osseuse".

Les antigènes sont présents dans la plupart des tissus de l'organisme. Ils sont spécifiques pour chaque individu et interviennent dans son système de défense. Il existe une immense variété de combinaisons, formant le complexe "HLA". C'est de ce complexe que dépend la compatibilité des tissus lors d'une greffe.
 

Appel aux hommes de moins de 35 ans


Laure Vitou va bénéficier d'une greffe le 19 septembre, grâce à un donneur allemand. Les registres des différents pays du monde sont interconnectés. Mais l'histoire de la jeune femme met en lumière une différence de mobilisation criante entre les deux pays.

L'explication est à chercher à l'Agence de biomédecine qui a la mission de sensibiliser la population et de faire connaître le don. Le Dr Evelyne Marry, responsable du registre des donneurs de moëlle osseuse explique :
 

Il y a la quantité et il y a la qualité


"Une fois qu'ils sont inscrits, il faut qu'ils restent fidèles parce que la particularité, c'est qu'il ne s'agit pas d'un don immédiat. C'est un engagement sur la durée que prend la personne quand elle s'inscrit". 

L'agence a, en outre, des priorités dans les inscriptions. Elle recherche des hommes de moins de 35 ans en bonne santé, quelle que soit leur origine.
 

Opération de "typage" 


En Allemagne, le "recrutement" se fait différemment selon elle et il arrive que les donneurs inscrits ne répondent pas. Toujours est-il qu'en France, les choses bougent...

Les proches de Laure Vitou ont réussi à mobiliser à tel point que les centres de Toulouse, Montpellier et Ile-de-France ont été saturés pendant l'été.

Une opération de typage (tests salivaires permettant d'identifier de quel gène ou antigène HLA une personne a hérité) organisée à Peyrols, le village natal du père de Laure, a dû être annulée. Un défaut de communication semble-t-il entre l'Agence de biomédecine et ses partenaires sur le territoire, les EFS (établissements français du sang).
 

Des tests salivaires facilitateurs


Les EFS ne sont pas habitués à répondre à une telle affluence. De plus, avant l'été, seuls dix centres sur une quarantaine disposaient de tests salivaires. La députée (LREM) de l'Aveyron Anne Blanc, saisie du cas de Laure, a interpellé le gouvernement sur la mise à disposition de ces tests qui accélèrent la procédure de recrutement de donneurs.

Dans le courant de l'automne, tous les centres EFS devraient en bénéficier. Les personnes intéressées pourront soit s'inscrire dans un centre et bénéficier de ces tests, ainsi que d'un rendez-vous médical, soit le faire par internet. 
 

Compatibilité à 90%


Laure, elle, attend sa greffe. Le donneur, qui a accepté ce prélèvement d’un peu de moëlle sur sa hanche, n'est compatible qu'à 90%. Elle est heureuse qu'il ait pu être trouvé, même si elle espère encore qu'un donneur à 100% puisse se présenter.

Cette éventualité permettrait de diminuer le traitement postérieur et multiplierait les chances de succès de la greffe. Mais malgré la fatigue, l’épuisement parfois et l’espoir toujours fragile, Laure souhaite continuer à se mobiliser pour les autres patients dans un proche avenir.

 

Don de moëlle osseuse : comment ça se passe ?

Pour donner sa moelle osseuse, il faut être inscrit sur le registre France greffe de moelle. Les conditions : être en parfaite santé et âgé de 18 à 50 ans.
L'Agence de biomédecine recherche de préférence des hommes de moins de 35 ans, du fait de leur taux de compatibilité supérieur à celui des femmes.
L’inscription est volontaire, anonyme et gratuite. Le donneur s'engage à être joignable et disponible sur le long terme (plusieurs années).
En cas de compatibilité, il existe deux types de prélèvement : le prélèvement dans le sang qui ne nécessite pas d’hospitalisation. La deuxième possibilité est une ponction dans les os du bassin, et non un prélèvement de moëlle épinière comme le croient trop de personnes. Il s'agit d'une opération bénigne sous anesthésie.
 

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