"Il faut allumer les étoiles avant que les blocages s'installent", une ancienne astronaute veut susciter des vocations de carrière scientifique chez les filles

Les femmes ne représentent qu’un quart des ingénieures en France. Pour susciter des vocations, l’Enseeiht de Toulouse (Haute-Garonne) organise deux jours de sensibilisation et d’éveil scientifique à destination de jeunes collégiennes venues de milieux ruraux. Invitée, Claudie Haigneré a partagé son parcours hors norme et ses convictions.

Durant deux jours, l’Enseeiht,  l'école nationale supérieure d'électrotechnique, d'électronique, d'informatique, d'hydraulique et des télécommunications ouvrent grand ses portes.

Cette école d'ingénieurs veut convaincre les jeunes filles qu'elles ont toute leur place dans les formations et carrières scientifiques.

200 collégiennes sensibilisées

Pour sa 3ème édition, 200 collégiennes issues de collèges ruraux ont été accueillies. Au programme des rencontres des expériences, des découvertes qui ouvrent de nouveaux horizons aux adolescentes présentes.

À l'image de Léa du collège de Mauvezin dans le Gers. Comme ses camarades, elle a pu littéralement toucher du doigt les phénomènes électrostatiques, observer la production de chaleur ou d'électricité. "Je pensais m'orienter les métiers de la psychologie. Mais en fait je me sens chez moi ici. Ça m'intéresse vraiment. J'aime les math, la science. Mais voir en vrai les expériences ! J'ai bien aimé ce qu'on a vu sur la production d'électricité. On se pose des questions, on en pose aux professeurs. Ça me fait voir la vie autrement !", se réjouit la jeune fille un peu chamboulée par ce champ de découvertes qui s'ouvre à elle. 

Charlotte, elle trouve que les expériences réalisées permettent de remettre en cause certaines certitudes. "Pour moi c'était facile de produire de l’électricité. Mais avec l'expérience du vélo je me suis rendu compte que ce n'était pas si facile", avoue-t-elle.

Une satisfaction pour François Pigache, professeur au département génie électrique de l'ENSEEIHT.

" On essaye de vulgariser les sciences pour semer une graine. Les vœux d'orientation scientifiques sont un peu désertés et notamment par les jeunes filles. La physique c'est attrayant, c'est amusant. On est là pour éveiller la curiosité et des vocations". 

1/4 de femmes ingénieures

Car les femmes sont effectivement  sous représentées dans les métiers d’ingénieures, seules 24% d’entre elles occupent cette fonction en France. Alors pour impulser une féminisation des carrières scientifiques ou technologiques, des personnalités montent au créneau. 

C'est le cas de Claudie Haigneré la première spationaute française. L'astronaute du CNES et de l’ESA se plaît à raconter son parcours. L'histoire d'une jeune adolescente fascinée en juillet 1969 par les premiers pas de l'homme sur la lune. " J'avais 12 ans. C'est un événement qui a soulevé un émerveillement, de la magie. C'est comme une petite graine dans ma tête. Un rêve qui a par la suite déclencher l'audace". Son parcours suscite depuis une forme d’admiration voire de fascination. "L'espace c'est au-delà de l'horizon", comme une métaphore pour éveiller des destins féminins au-delà des clichés.

" Je crois qu'il ne faut pas intervenir trop tard. Il est important d'agir avant que les clichés, les stéréotypes ne s'installent. Il faut allumer des étoiles avant que les blocages ne s'installent. Les métiers ne sont plus genrés aujourd'hui. Tous les métiers sont possibles pour les femmes", martèle Claudie Haigneré qui inlassablement, encourage les jeunes filles à se réaliser.

Une astronaute ravie de ne pas être tout à fait étrangère au destin de Sophie Adenot qui partira en mission à bord de la Station spatiale internationale en 2026. La deuxième femme française à être envoyée dans l'espace 30 ans après Claudie Haigneré. 

Écrit avec S.Wachlewicz

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