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Un “Oui...Mais” de la mairie de Toulouse à l'expérimentation de la Police de Sécurité du Quotidien

Le maire de Toulouse est candidat pour expérimenter la Police de Sécurité du Quotidien (PSQ). Mais Jean-Luc Moudenc pose deux conditions : une augmentation des effectifs policiers et des missions axées sur les besoins toulousains.

Par Laurent Dubois

L'expérimentation doit débuter en janvier 2018 et Toulouse figure parmi les villes candidates. La capitale de l'Occitanie doit accueillir la nouvelle Police de Sécurité de Quotidien (PSQ). Une police issue d'une promesse de campagne d'Emmanuel Macron et qui doit ramener les policiers dans les quartiers et sur le terrain. Lors de ses voeux  à la presse, Jean-Luc Moudenc, a toutefois mis en garde le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb.

Le maire de Toulouse est prêt à se retirer du dispositif de la PSQ si deux conditions ne sont pas remplies. En premier lieu, Jean-Luc Moudenc demande que l'expérimentation ne soit pas réalisée à "moyens constants". Il estime que les effectifs de la police nationale sur Toulouse sont déjà insuffisants. Une position qui est, d'ailleurs, partagée par les syndicats policiers. Le secrétaire général de SGP Police, Didier Martinez, estime qu'il "manque actuellement 150 policiers pour atteindre un niveau de fonctionnement minimum et d'occupation de la voie publique efficace" 

Dans ce contexte tendu, Jean-Luc Moudenc veut éviter que l'implantation de la Police de Sécurité de Quotidien aggrave la situation toulousaine. Autrement dit, Jean-Luc Moudenc demande que la création d'une PSQ sur Toulouse passe par des "moyens dédiés" et donc par une augmentation du nombre de policiers.

La réponse du ministère de l'Intérieur est, visiblement, connue. Selon nos informations, le préfet a indiqué que la mise en oeuvre de la PSQ ne serait pas assortie d'un complément d'effectifs. 

La seconde condition posée par la mairie de Toulouse porte sur les missions de la PSQ. Jean-Luc Moudenc fixe un cahier des charges : la lutte contre "les stupéfiants, la radicalisation et le communautarisme". A la différence de la question des effectifs, ce volet est moins problématique. Les contours de la PSQ restent encore flous. Mais deux choses sont martelées par le ministère de l'Intérieur. La PSQ ne veut pas marquer le retour "de la police de proximité" inventée par Lionel Jospin et supprimée par Nicolas Sarkozy. Le second leitmotiv concerne une "police sur mesure". Ce second point doit cadrer avec les exigences de Jean-Luc Moudenc.

A noter que le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, a lancé une concertation, préalable à l'implantation des PSQ. Les élus locaux sont invités à faire entendre leurs voix. Jean-Luc Moudenc pourra donc défendre sa définition des missions de la PSQ. 

Jean-Luc Moudenc est formel. Le non respect des conditions formulées par la mairie de Toulouse peut conduire à un retrait de l'expérimentation de la PSQ. La rupture ne devrait pas venir de la question des missions. En revanche, le sujet des effectifs pourrait bien se conclure par un désengagement de Toulouse.

Pour le moment, il s'agit d'une simple menace. Une menace qui constitue une "offre" de négociation envers Gérard Collomb. Mais elle peut devenir réelle. 

La quatrième ville de France risque de rester en dehors du principal chantier sécuritaire d'Emmanuel Macron. 



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