Pétitions et polémique pour l'arrivée de "La Machine" dans le quartier Montaudran à Toulouse

La compagnie de théâtre de rue "La Machine" n'est pas encore installée dans la quartier Montaudran à Toulouse que deux pétitions circulent déjà pour  protester contre son arrivée et la commande d'une sculpture monumentale passée par la ville.

François Delaroziere, créateur de La Machine lors de la fabrications des machines des "Mondes Marins" à Nantes, le 30 mars 2007.
François Delaroziere, créateur de La Machine lors de la fabrications des machines des "Mondes Marins" à Nantes, le 30 mars 2007. © AFP PHOTO/FRANCK PERRY
C'est officiel depuis quelques mois déjà, la compagnie "La Machine" va prendre prochainement ses quartiers à Montaudran, près de la piste historique de l'Aéropostale. Son créateur, François Delarozière, connu pour ses gigantesques araignées ou l'éléphant géant de l'Ile de Nantes va y installer près de 200 machines de spectacle. L'installation de la compagnie à Montaudran avait déjà fait tousser les élus de l'opposition municipale, elle suscite désormais le courroux des associations et des riverains. Deux pétitions circulent. 

Il y a d'abord l'association Toulouse Montaudran Mémoire d'Avenir (TMMA) qui défend le site historique qui a vu le début de l'aéronautique à Toulouse. Elle vient de mettre en ligne une pétition adressée à la ministre de la culture Aurélie Filipetti pour protester contre le projet de construction du Conservatoire des Mécaniques, le bâtiment qui abritera les constructions géantes de La Machine.

"Nous n'acceptons pas que l'on construise un hangar au nord du chemin Carrosse, en plein cœur de l'espace mémoire, pour y héberger la Machine, ensemble de monstres métalliques venus de Nantes, qui n'ont rien à voir avec notre histoire."



Le permis de construire du bâtiment a été délivré le 16 avril 2013 et pour la TMMA, " l'implantation en plein cœur de l'Espace Mémoire de Montaudran, à quelques dizaines de mètres du château Petit Espinet-Raynal, de ce bâtiment de plus de 7 000 m2 et de près de 20 mètres de haut, écraserait les bâtiments historiques et dégraderait le site historique de façon irréversible."

Une sculpture monumentale fait également polémique

Autre objet de discorde, la commande passée par la communauté urbaine de Toulouse d'une sculpture monumentale à François Delarozière. Un minotaure de bois et de métal, estimé à 2,8 millions d'euros. Une autre pétition, adressée cette fois au maire de Toulouse, Pierre Cohen, dénonce un manque de démocratie dans les choix des élus en matière de politique culturelle et réclame l'annulation pure et simple de cette commande.

"Le courage réel en matière de politique culturelle est de faire des paris audacieux destinés à faire émerger de nouvelles pratiques, de nouveaux talents ! Toulouse fourmille d'innovateurs, de créateurs et d'initiatives populaires, encouragez-les et abandonnez cette commande à Delarozière".




"En tant que toulousains-es ou habitants-tes des 37 communes environnantes, nous voulons bénéficier d’une culture par tous-tes, pour tous-tes. A Toulouse, la culture existe ; dans les rues, les écoles, les cafés énormément d’artistes se croisent. Pourquoi ne pas mettre en avant ceux/celles qui font la culture du quotidien ?" indique encore la pétition qui regroupe à ce jour 2500 signatures.

Pour la communauté urbaine de Toulouse, "l'installation de François Delarozière au coeur du futur quartier de Toulouse Montaudran Aérospace est un signe fort de la dynamique culturelle de la métropole". Ce créateur renommé pour avoir conçu la plupart des machines de la troupe de théâtre de rue Royal de Luxe avec qui il avait quitté Toulouse pour Nantes dans les années 90 a toujours gardé des attaches dans la région, notamment avec son atelier de construction, L'Usine à Tournefeuille. 

Le reportage de Sarah Nabli et Anne Ployart :

 

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