Philae s'endort sur la comète après une mission historique

La première image panoramique prise par Philae à la surface de la comète. / © ESA/Rosetta/Philae/CIVA
La première image panoramique prise par Philae à la surface de la comète. / © ESA/Rosetta/Philae/CIVA

Le robot Philae s'est assoupi dans la nuit de vendredi à samedi sur la comète "Tchouri". Peut-être le début d'un long sommeil, après une mission historique qui a permis de récolter des données qui pourraient aider les scientifiques à comprendre les origines de la vie sur terre.

Par LB avec AFP

Il s'est assoupi, posé sur la comète "Tchouri", à plus de 500 millions de kilomètres de la Terre. Le robot Philae, à cours d'énergie, est "entré en mode veille" selon l'Agence Spatiale Européenne (ESA), au terme d'une mission historique qui aura tenu le monde en haleine et permis de récolter des donner précieuses pour comprendre les origines de la vie sur Terre. Juste avant de "s'éteindre", il réussi à transmettre les données du forage effectué sur la comète.

Le contact avec Philae a été rompu à 1h36 ce samedi. " On ne reçoit plus de données. On a perdu le contact" a indiqué Philippe Gaudon, le chef du projet Rosetta au Centre national d'études spatiales (CNES) de Toulouse. Une nouvelle tentative de communication avec le robot est prévue ce samedi à 11h00 "mais les chances de rétablir la liaison sont très très faibles" selon Stephan Ulamec, le responsable de l'atterrisseur, depuis l'Agence spatiale européenne (ESA) à Darmstadt (Allemagne). "La batterie est en dessous du niveau nécessaire pour faire fonctionner l'ordinateur central", a-t-il précisé. 

80% du travail réalisé

Même si l'activité du robot, qui aurait pu durer jusqu'en mars en cas de bon ensoleillement, a été écourtée, après trois jours de travail, "les résultats de Philae sont extraordinaires", a estimé Marc Pircher, le directeur du CNES à Toulouse qui soulignait vendredi soir que "80% du travail du robot a été fait", avant que le robot ne se remette à envoyer un flot de données en fin de soirée.
Philae a en effet réussi à lancer un forage de dernière minute sur la comète et il a réussi à transmettre ses données. même si on ne sait pas encore s'il a pu ramener un échantillon de la surface de la comète.

L'espoir d'un réveil

Avant de s'endormir, le robot a entrepris une manoeuvre de rotation pour permettre à ses panneaux solaires de recevoir davantage de lumière à l'avenir car la comète file vers le Soleil. "Nous n'avons pas eu d'images prouvant que cela a réussi", a nuancé Philippe Gaudon.
Philae, qui s'est posé à l'ombre entre des rochers, a d'abord fonctionné avec une pile d'une durée de vie de 60 heures. Mais ses batteries solaires qui devaient prendre le relais n'ont pas reçu assez de lumière pour lui permettre de rester actif. En hibernation, il se réveillera peut-être cet été si ses batteries se rechargent lorsque la comète approchera du Soleil. "Nous avons bon espoir mais pas à court terme car il y a trop peu de lumière pour le moment", a indiqué Philippe Gaudon. 

Une mission historique

Largué par la sonde européenne Rosetta, le petit robot avait atterri mercredi en fin d'après-midi sur le noyau de la comète Tchourioumov-Guérassimenko, une première de l'histoire spatiale. Pendant sa courte période d'activité, le robot a travaillé d'arrache-pied. Ses dix instruments ont été activés. La feuille de route du robot était notamment de trouver des molécules organiques qui ont pu jouer un rôle dans l'apparition de la vie sur Terre, les comètes étant les objets les plus primitifs du système solaire.
Ces molécules organiques pouvaient être récoltées grâce à l'échantillon au sol (qui devait ensuite être réchauffé avant de pouvoir être analysé) mais pas seulement. D'autres instruments ont "sniffé" les gaz à la surface de la comète et la récolte a été bonne.
Le robot, qui pèse 100 kg sur la Terre, a une masse d'un gramme sur la comète, a recueilli une mine d'images et de données scientifiques, transmis à la sonde Rosetta qui les a renvoyés sur Terre.
Philae a radiographié l'intérieur de la comète, étudié son magnétisme, fait des images du sol, analysé les molécules complexes dégagées par la surface.
Cette mission "est unique et restera unique à jamais", avait souligné vendredi Andrea Accomazzo, directeur de vol de la mission Rosetta. 
Quoiqu'il arrive à Philae, la mission Rosetta est loin d'être terminée. La sonde, qui a déjà parcouru 6,5 milliards de km dans l'espace, poursuivra son escorte de "Tchouri" au moins jusqu'au 13 août. C'est à cette date que la comète passera au plus près de l'astre.

Notez qu'une émission spéciale de Carnets de vol consacrée à la mission Rosetta et à "l'atchourissage" de son module Philae sera diffusée ce dimanche à 20h20 sur France 3 Midi-Pyrénées.

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