PHOTOS. Près de 2000 motards manifestent "bruyamment" à Toulouse contre le contrôle technique obligatoire à partir du 15 avril

Le contrôle technique s'étend aux deux-roues et les motards enragent. Les Toulousains présents en centre-ville n'ont pas échappé à ce mécontentement ce samedi après-midi. Près de 2000 deux roues ont envahi les rues de la métropole toulousaine.

Le contrôle technique des motos, scooters, voiturettes et autres quads devient obligatoire à partir de lundi, une mesure censée accroître la sécurité mais contestée par de nombreux motards. Des motards qui manifestent ce samedi après-midi à Toulouse. Selon la fédération des motards en colère de Haute-Garonne, ils sont près de 1700 au guidon de deux roues à manifester dans le centre-ville. Ils s'étaient donné rendez-vous un peu plus tôt. Une manifestation bruyante et qui provoque de gros bouchons dans le centre-ville de la ville rose en ce samedi estival. 

Les plus de trois millions de véhicules de catégorie L, soit les scooters, motos, tricycles ou voiturettes, échappaient jusqu'ici au contrôle instauré en 1992 pour les voitures. Ils doivent désormais passer par 78 points de contrôle. Freins trop usés, guidon flou, fuites, pneus lisses : 87 défaillances majeures impliquent une contre-visite, soit de revenir dans les deux mois suivants avec le véhicule réparé. Le contrôle du bruit mais aussi le contrôle du bridage du véhicule, souvent contourné par les scooters, ne seront effectifs qu'à l'été 2025.

La saison du contrôle 

Alors que les beaux jours annoncent l'ouverture de la saison de la moto, les premiers véhicules à passer au contrôle sont ceux immatriculés avant le 1er janvier 2017. Tous ces véhicules de catégorie L doivent également passer l'examen en cas de revente. Cette mesure a déjà poussé de nombreux motards à revendre leur engin avant la date butoir, contribuant à doper le marché de l'occasion au premier trimestre2024 (+ 6% sur un an), selon l'assureur Solly Azar. Il aura fallu dix ans et de nombreux recours pour faire appliquer cette directive européenne de 2014, déjà mise en place presque partout sur le continent avant la date butoir du 1er janvier 2022.

Elle doit permettre d'augmenter la sécurité et de diminuer la pollution de ces véhicules. En France, un premier décret avait été pris par le gouvernement en 2021 avant qu'Emmanuel Macron ne l'enterre, soucieux de ne pas "embêter les Français". Le gouvernement avait ensuite annoncé privilégier "des mesures alternatives" telles que des campagnes de sensibilisation. Mais il a dû finalement céder en octobre 2023 sur décision du Conseil d'Etat.

Amende de 135 euros ou immobilisation de la moto

17% des deux-roues contrôlés en 2022 ont dû passer une contre-visite, et la moitié de ceux-ci souffrait de défaillances majeures. La plupart des défauts concernait l'éclairage, la pollution ou le bruit. En France, tous les véhicules de catégorie L doivent désormais être contrôlés tous les trois ans. Les conducteurs sans contrôle technique à jour risquent une amende de 135 euros ou une immobilisation du véhicule.

Motards en colère

La mesure reste contestée par de nombreux motards en France, un pays particulièrement fan de deux-roues. La Fédération des motards en colère (FFMC) continue d'appeler au boycott de ce contrôle qu'elle considère cher et inutile, car surtout visuel. Des manifestations bruyantes étaient donc organisées samedi à Paris, Toulouse ou encore Tarbes, et dimanche à Marseille. Selon une source policière, 20.000 motos sont attendues dans toute la France dans une dizaine d'actions samedi et dimanche.