Un mot, malencontreusement placé entre parenthèses, est à l’origine d’une vaste polémique sur les réseaux sociaux. Des internautes, majoritairement issus de la droite et de l'extrême droite, s’indignent d’une partie du programme de la pré-rentrée à Sciences Po Toulouse. En cause, une série de conférences et ateliers sur les questions de genre et d’égalité.
La polémique ne cesse d'enfler sur les réseaux sociaux. Dans un twitt, David Lisnard, maire “Les Républicains” de Cannes, dénonce "une entreprise d’asservissement intellectuel" et s’indigne de « wokisme » au programme de L’Institut d’études politiques de Toulouse. En début de semaine, l’élu a partagé un mail, mis en ligne par un étudiant de Sciences Po Toulouse.
Le mot "obligatoire" met le feu à la toile
Dans ce texte figure le contenu de la pré-rentrée 2022 : quatre modules de sensibilisation aux questions de genres et d’égalités, une conférence, une exposition et une pièce de théâtre.
Un mot a suffi pour déclencher l’indignation d’une large partie de la droite : le mot "obligatoire", placé entre parenthèse, avant l’énumération des modules. A l'extrême-droite, Marion Maréchal Le Pen s’est emparée du sujet.
Chez les souverainistes de gauche, tendance Chevènement, Montebourg, Paul Melun, essayiste et chroniqueur sur RTL, intervenant sur Cnews, ne manque pas de mentionner en lettres capitales ce caractère obligatoire de ces ateliers.
Pourtant, les services administratifs de Science Po Toulouse affirment que l’intégralité du programme de cette pré-rentrée est totalement facultative. Les quatre modules, la conférence, la pièce de théâtre et l’exposition sont organisés par le département de la Vie Scolaire, en collaboration avec diverses associations étudiantes.
La direction plaide "l'erreur humaine"
Contactée par téléphone, l’administration de Sciences Po Toulouse plaide l’erreur humaine. Ce mot "obligatoire" a été glissé par mégarde dans ce mail. "Ces ateliers ne figurent en aucun cas dans le règlement des examens. La présence des étudiants est fortement recommandée mais absolument pas obligatoire" rappelle un membre de l’administration. "Ajouter de nouveaux cours obligatoires impliquerait de modifier totalement la grille des examens ; il suffit de consulter le site de Sciences Po Toulouse pour voir que ces ateliers ne sont proposés qu’en complément des cours ".
Si ce programme de pré-rentrée entre en résonance avec les sujets abordés au cours de l’année, il n’est qu’un support de débats, d’échanges d’idées avant d’entamer le cycle scolaire.
Dans une lettre adressée aux étudiants, Eric Darras, le président de l’IEP Toulouse, mentionne d’une phrase incitative ce programme, en concluant : "Nous vous espérons nombreux aux conférences et manifestations des rentrées du climat et des égalités. D’ici-là, reposez-vous ! Je vous souhaite avec l’ensemble de l’équipe de direction, à toutes et à tous un très bel été".
Les étudiants de Science Po Toulouse disposent donc d’un long mois d’été pour choisir de se rendre, ou non, aux modules de sensibilisation aux questions de genre et d’égalité.