Les ponts suspendus d'Occitanie sous surveillance régulière

Le pont suspendu de Canet, dans l'Hérault. / © DR
Le pont suspendu de Canet, dans l'Hérault. / © DR

L'effondrement du pont suspendu de Mirepoix-sur-Tarn pointe la question de la solidité de ces ouvrages. Plus légers que des ponts maçonnés, ces structures font l'objet d'une surveillance régulière, selon leurs propriétaires.

Par Nathalie Fournis

26 ponts suspendus sont encore en service dans l'ex-Midi-Pyrénées. Soumis à de fortes sollicitations, ils font l'objet d'une surveillance particulière et régulière, selon leurs propriétaires. 


Dès leur mise en service les ponts sont soumis à des sollicitations et des agressions qui peuvent fragiliser leur structure. En France, ils  doivent être inspectés de façon régulière.
  • Un contrôle périodique sur tous les ouvrages tous les un à trois ans maximum 
  • Une inspection détaillée périodique tous les 6 ans
Par rapport à des ponts maçonnés, les ponts suspendus méritent beaucoup plus d’attentions du fait de leur légèreté.
 

Un ouvrage très bien suivi

A Mirepoix-sur-Tarn, l'ouvrage, rénové en 2003, "n'était pas classé à surveillance renforcée ou en état critique", selon Georges Tempez, du Centre d'études et d'expertise sur les risques, l'environnement, la mobilité et l'aménagement (Cerema).
Cet organisme public en avait réalisé en 2017 une inspection détaillée. Un dernier contrôle avait aussi été mené en décembre 2018, le prochain était programmé fin 2019.
 

Les ponts du Lot sous surveillance

Dans le Lot, 950 ponts dont 9 ponts suspendus ont été recensés. Avec le Tarn-et-Garonne, c’est le département de France qui en compte le plus grand nombre.
Le pont suspendu de Cajarc (46) fait actuellement l’objet d’un contrôle organisé par le Conseil départemental. L’ouvrage est abîmé du fait de son âge, mais aussi du fait des mauvais traitements qu’il subit lors des passages répétés de véhicules au tonnage non conforme. 

Gérard Viossanges est chef du service ouvrages d’art au Conseil Départemental du Lot.

On voit passer sur ces ouvrages des charges de 30 à 35 tonnes alors qu’ils ont été conçus pour 16 ou 20 tonnes. On imagine bien qu’une suspente soumise à une surcharge va casser, les suivantes vont casser et ainsi de suite et tout le pont va se retrouver dans l’eau.

Retrouvez le reportage dans le Lot d'Eric Marlot et Jean-Pierre Jauze :

Le pont de Cajarc (46) sous surveillance
Repérer les symptômes de vieillissement des ponts c’est l’objectif du Conseil Départemental du Lot qui consacre chaque année 3 millions d’euros à l’entretien des ouvrages d’art.
 

Plusieurs ponts suspendus construits à la même époque

Le pont suspendu de Mirepoix-sur-Tarn a été construit juste après la grande crue de 1930, comme les  ponts de Bessières, de Buzet-sur-Tarn et de Villemur-sur-Tarn. Tous les 4 ont été bâtis sur un schéma similaire.

Il y a deux ans, l’ouvrage de Villemur avait été fermé 6 mois le temps de sécuriser les pièces métalliques qui soutenaient les câbles du pont et menaçaient de rompre.
 

Dès lundi, juste après la catastrophe, le maire de Villemur-sur-Tarn a pris un arrêté pour limiter la charge à 7.5 tonnes au lieu de 19 tonnes, des véhicules qui empruntent le pont. Une mesure de prudence le temps de procéder à des vérifications sur sa solidité.

Daniel Boisard est adjoint au maire, il justifie la décision de la municipalité :

On a pris des mesures immédiates inspirées par le principe de précaution. Cette mesure n’est pas définitive mais elle semblait adaptée aux circonstances toutes particulières.

Thierry Sentous et Jack Levé sont allés à la rencontre des usagers du pont suspendu de Villemur-sur-Tarn :
 
Les ponts de Midi-Pyrénées sous surveillance régulière
 

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