"Propagande électorale" pour les uns, "communication institutionnelle" pour les autres : une exposition financée par les deniers publics fait polémique

Tous les élus d'opposition fustigent la tenue de l'exposition, qu'ils estiment être une opération abusive de communication de la part du maire de Toulouse Jean-Luc Moudenc, candidat à un troisième mandat en 2026.

Tables tactiles, écran grand format, au square Charles de Gaulle à Toulouse, toutes ces technologies sont installées pour l'exposition "10 ans de progrès pour Toulouse : une ville en transformation." Inaugurée ce mercredi 17 avril en fin d'après-midi, elle doit se tenir jusqu'au 25 mai, et permet de retracer "une évolution urbaine de grande ampleur" selon le site internet de la Métropole de Toulouse.

Patrimoine architectural, espaces publics, végétalisation de la ville... Au total, plus de 200 réalisations dans tous les quartiers de Toulouse seront présentées au public.

"Une utilisation abusive de fonds publics" d'après les élus

Un projet qui est loin de faire l'unanimité. Dans un communiqué reçu ce mercredi 14 avril, tous les élus municipaux de l'opposition ont dénoncé l'exposition. "Jean-Luc Moudenc ayant déjà annoncé sa candidature à un troisième mandat, nous considérons que cette exposition poursuit un objectif de propagande électorale et qu'il s'agit d'une utilisation abusive de fonds publics pour financer une campagne électorale", peut-on lire dans le document.

"Il y a déjà eu un bilan de mi-mandat l'an dernier, et il y en aura un autre en 2025", complète Antoine Maurice, conseiller municipal et président de Toulouse Écologiste, Solidaire et Citoyenne. "Cette opération nous apparaît comme abusive". Une opération dont l'opposition n'a eu vent qu'à la réception des invitations à la cérémonie d'inauguration, toujours selon Antoine Maurice.

Autre problème pour les opposants au projet : "le contenu de cette exposition est partial et mensonger." "Les quelques exemples de l'exposition sont des exemples orientés qui flattent le bilan de M. Moudenc", estime Antoine Maurice. "Il n'y a pourtant pas de quoi se féliciter, considérant le retard considérable que Toulouse accumule depuis dix ans dans de nombreux domaines", complètent les autres cosignataires de ce communiqué. Le président de Toulouse Écologiste, Solidaire et Citoyenne évoque, entre autres, "la troisième ligne de métro prévue au mieux en 2029."

Une opération estimée à 500 000 euros par l'opposition

Avec ce communiqué, les élus demandent que le coût de l'opération - installation des infrastructures, communication et exposition - soit rendu public. D'après leurs estimations, il avoisinerait les 500 000 euros. "Les contribuables n'ont pas à financer le coût important d'une opération de campagne", martèlent-ils.    

Les conseillers municipaux François Briançon et Vincent Gibert ont envoyé un courrier au maire pour dénoncer "une violation manifeste des règles régissant le financement des campagnes politiques." "Nous sommes inquiets de constater que depuis l'annonce de votre candidature à votre succession aux élections municipales de 2026 votre communication politique et la communication institutionnelle se confondent", ont-ils communiqué. 

"Une opération de communication institutionnelle" selon la mairie

"C'est une opération de communication sur les projets réalisés par la collectivité locale", répond Sacha Briant, adjoint aux finances à la ville de Toulouse. "Ce n'est pas une opération de propagande, mais une opération comme il s'en fait régulièrement. Il y a un encadrement des règles de communication des collectivités locales dans les six mois avant les élections. Là, nous sommes deux ans avant. Les mairies ont le droit de faire de la communication institutionnelle pour expliquer les politiques menées", continue-t-il, dénonçant "une polémique" orchestrée par l'opposition.

"On le fait souvent à mi-mandat, là, il y avait la date des 10 ans qui était symbolique, il y avait le besoin de faire un point et d'expliquer aux Toulousains ce qui a été fait." 

Quid du budget de l'exposition ? "Toutes les actions ont une facture, déclare Sacha Briand, sans donner de chiffres. Toutes les factures sont communicables aux personnes qui en font la demande."