Lutte contre le trafic de drogue : ce détail qui pourrait faire perdre gros à cette préfecture dans ses opérations "place nette XXL"

Depuis quelques semaines, la lutte contre le trafic de stupéfiants semble s'intensifier. De nombreuses opérations, appelées "place nette XXL" ont lieu, partout en France. À Montpellier, de l'argent, des armes et de la drogue ont été saisis. Un bilan certain, mais qui pourrait pâtir d'une erreur de communication. Explications.

Chiens renifleurs, drones, CRS, effectifs de police multipliés... Dans le cadre des opérations "place nette XXL", les moyens alloués par la préfecture de l'Hérault sont considérables. À Montpellier, plusieurs actions du genre ont eu lieu, ces dernières semaines, principalement dans les quartiers Montasinos, Aiguelongue ou encore La Mosson. Les forces de l'ordre visent des places fortes du trafic de stupéfiants. Mais dans cette entreprise de lutte contre la drogue, un petit détail pourrait tout compromettre.

Stratégie de communication ou obligation légale ?

La préfecture use des réseaux sociaux pour communiquer sur les résultats de ses opérations, photos de butins à l’appui. Mais elle s'épanche aussi sur son site internet. Dans le recueil des actes administratifs, un registre public où elle recense son activité et ses décisions administratives notamment. Plus surprenant, certaines opérations sont annoncées... à l'avance.

Parmi tous les recueils publiés, certains classés "recueil spécial" font état d'arrêtés "autorisant la captation, l’enregistrement et la transmission d’images au moyen de caméras installées sur des aéronefs".

Et ce sont ces avertissements officiels en amont des opérations de contrôle qui suscitent des interrogations. De telles preuves matérielles pourraient venir compromettre les opérations policières. La préfecture est-elle obligée de communiquer de la sorte ? Ne craint-elle pas de donner ses cartes aux dealers avant d'agir ? Pour ces deux questions, la préfecture n'a pas répondu à nos sollicitations.

Les zones d'action publiées à l'avance

Le lundi 25 mars 2024, par exemple, un recueil est signé et publié. Son propos est explicite : il prévient que des captations vidéos seront autorisées "au titre de la prévention des atteintes à la sécurité des personnes et des biens au sein du quartier d'Aiguelongue, à Montpellier, dans le cadre d'une opération de police programmée le 25 mars 2024 de 8h à 18h, et avec l'appui des personnes au sol, en vue de leur permettre de maintenir ou de rétablir l'ordre public".

En plus, une vue aérienne est adossée au document et délimite d'un cercle rouge la zone où auront lieu les opérations. 

Le soir même, sur son compte Twitter, le Préfet de l'Hérault publiait un message vantant le travail effectué par les forces de l'ordre, "ce matin" dans le "quartier Montasinos (Aiguelongue)". L'information est relayée par les médias locaux.

Quelques semaines plus tard, le jeudi 11 avril, et de la même manière, la préfecture informe publiquement d'une opération dans le même quartier Montasinos, en fin de journée. Or, le lendemain, la Police nationale communique sur une opération d'ampleur... dans le quartier Celleneuve, à quelques kilomètres de Montasinos. Des épiceries, snacks, coiffeurs et restaurants sont contrôlés et des sanctions sont adressées, dont une fermeture administrative. Bien loin donc du trafic de stupéfiants. 

Changement de dernière minute ou stratégie de diversion de la Préfecture ? La question demeure.