Psychiatrie. Les jeunes adultes n'ont plus de lieu d'accueil en Occitanie : "ils seront soignés nulle part, c’est dramatique"

Selon le baromètre de santé Publique France, les chiffres de la santé mentale des jeunes âgés de 14 à 25 ans sont alarmants. C'est dans ce contexte que le personnel du centre hospitalier Gérard-Marchant à Toulouse (Haute-Garonne) apprend la fermeture de l’unité de soin accueillant ce public.

"Fermeture du Paja, nos jeunes en danger" peut-on lire ce midi devant l’hôpital Marchant, à Toulouse (Haute-Garonne). La raison de cette mobilisation : la direction du centre hospitalier a annoncé la fermeture du pavillon d’admission pour jeunes adultes (Paja), du 26 juin au 10 septembre 2023.

Fermeture de la seule structure pouvant accueillir ce public

Indigné face à cette décision, l’ensemble du personnel soignant et non soignant se mobilise devant l’établissement pour affirmer son soutien aux patients et aux familles, mais également pour exprimer son refus d’une telle décision. "Si on est là c’est parce que la situation sur l’hôpital est catastrophique. Les conditions ont été très difficiles ces dernières années mais là je crois qu’on arrive au point le plus bas", explique Guillaume Lahellec, infirmier psychiatre au CH Gérard-Marchant.

L’établissement est la seule structure d’hospitalisation en Occitanie pouvant accueillir et traiter ces jeunes patients âgés de 15 à 25 ans, pourtant en grande détresse psychologique. "Pour rappel, depuis la pandémie de Covid19, on observe une augmentation significative des hospitalisations pour tentatives de suicide, idées suicidaires et apparition de symptômes évocateurs de troubles psychiatriques", dans un tract distribué devant la structure. En effet, un jeune sur cinq présente des troubles dépressifs, selon le baromètre publié ce 14 février 2023 par Santé Publique France.

"La psychiatrie est le parent pauvre de l’hôpital public"

Le personnel du pavillon serait alors réaffecté pour renforcer les autres unités de l’hôpital sur cette période. "Cette situation montre la pénurie à laquelle fait face l’hôpital public, qui oblige les directions à fermer des services pour redéployer le personnel vers d’autres services. La psychiatrie est le parent pauvre de l’hôpital public", déclare Mathieu Forgues, assistant de la députée LFI Nupes Anne Stambach-Terrenoir, venu soutenir le personnel du CH.

Cette fermeture, pour l’instant temporaire, inquiète le personnel qui se questionne sur le devenir de ces patients, durant cette période de non prise en charge. "C’est un véritable enjeu de santé publique mais aussi de société. Quels moyens donne-t-on pour soigner les personnes qui souffrent de troubles mentaux ? On se demande ce que vont devenir ces jeunes", poursuit Guillaume Lahellec.

On sait que dans le médico-social il n’y a plus de place, au CHU les lits sont bloqués, les cliniques ne prennent pas forcément tous les patients. Au final, ils vont être soignés nulle part et c’est dramatique

Guillaume Lahellec, infirmier psychiatre au CH Gérard-Marchant.

La crainte de la fermeture définitive

Autre problème que soulève Mathieu Forgues, c’est que les travailleurs sociaux se retrouvent en première ligne en raison de l’insuffisance dans le secteur de la psychiatrie, avec des établissements qui n’ont pas vocation à accueillir ce public et un personnel non formé.

Aussi, le personnel de l’unité craint une fermeture définitive ou une réouverture du service dégradée. "La direction nous vend une fermeture temporaire. Le problème c’est que lors de la réouverture, il n’y aura plus de médecin pour fonctionner dans cette unité, il y aura peut-être la moitié de l’équipe infirmière, il n’y aura pas forcément de cadre de santé… Donc avec quels moyens on repart ?", confie inquiet, l’infirmier psychiatre.

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