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Reconduite à la frontière, une Arménienne sans-papier laisse à Toulouse sa mère de 84 ans gravement malade

© MaxPPP
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A 62 ans, Suzanna, arménienne sans papiers, est détenue en centre de rétention à Cornebarrieu. Une procédure de reconduite à la frontière est engagée. Problème : sa mère, gravement malade, ne peut subvenir seule à ses besoins.

Par Florie Castaingts

Suzanna, 62 ans, a été arrêtée et placée en centre de rétention à Cornebarrieu le 11 juin. Après qu'elle a tenté de voler une bouteille de vodka dans un Leclerc, les forces de l'ordre se sont rendu compte que l'Arménienne n'avait pas de papiers en règle.

La sexagénaire, arrivée en France avec sa mère en 2011 a vu ses demandes d'asile et ses appels rejetés. L'Arménie est en effet considérée depuis quelques années comme un pays sûr selon l'Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides (OFPRA). Ayant épuisé tous les recours, Suzanna attend en centre de rétention, sa reconduite à la frontière engagée par la préfecture de Haute-Garonne.

"Pallier l'urgence"


Interrogée à son arrivée en centre de rétention de Cornebarrieu par la CIMADE (association de solidarité active avec les migrants, les réfugiés et les demandeurs d'asile), Suzanna révèle la situation de grande précarité dans laquelle se trouve sa mère, Shushanik, 84 ans, restée à Toulouse. Depuis 2011, Suzanna et Shushanik vivent dans un squat, au 5 rue d'Alès.

Arrivées en France pour faire soigner Shushanik, souffrant d'hypertension et d'insuffisance cardiaque grave, les deux Arméniennes ne peuvent pas être séparées. A 84 ans, la vieille femme dépend totalement de sa fille, ne s'alimente et ne s'hydrate que grâce à son aide. Le médecin traitant qui suit la vieille dame a donné un avis défavorable quant à son éventuelle interpellation, estimant que le retour en avion lui serait préjudiciable. 

Le cas de Shushanik, isolée en ces périodes de fortes chaleurs alarme Léo Klaus, membre de la CIMADE :

J'ai proposé une solution à court terme à la préfecture pour pallier l'urgence mais c'est resté lettre morte."

La solution suggérée : une libération de Suzanna, avec assignation à résidence et obligation de pointage. Mais de son côté, la préfecture a consulté le consulat de l'Arménie afin d'obtenir un laisser-passer pour que la fille regagne son pays.

Quant à la mère, la Case de Santé s'est saisie de ce dossier et va déposer une demande de résidence d' "étranger malade" pour le 8 juillet, ce qui permettrait à Shushanik de rester sur le sol français pendant un an, avec un suivi de soin mais sans sa fille. 

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