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Réforme du lycée : près de 2000 manifestants à Toulouse pour la défense de la langue occitane

Près d'un millierer de défenseurs de la langue occitane se sont rassemblés dimanche à Toulouse, place du Capitole. / © Luc Truffert/France 3 Occitanie
Près d'un millierer de défenseurs de la langue occitane se sont rassemblés dimanche à Toulouse, place du Capitole. / © Luc Truffert/France 3 Occitanie

Environ 2000 manifestants ont manifesté dimanche en début d'après-midi à Toulouse, place du Capitole, pour protester contre la réforme du lycée, qui "signe la mise à mort de l’enseignement de l’occitan et plus largement de l’ensemble des langues régionales." 

Par VA.

"Pas d’Occitània sense l’occitan !" : c'est sous cette bannière qu'environ 2000 défenseurs de la langue occitane, selon une équipe de France 3 sur place (de 3 à 5000 selon les organisateurs) se sont rassemblés dimanche en début d'après-midi, sur la place du Capitole, à Toulouse, capitale de la région..."Occitanie".

Les manifestants s'inquiètent d'une prochaine suppression de l’enseignement de l’occitan, "et plus largement de l’ensemble des langues régionales", qui irait de pair avec la réforme du lycée du ministre  Jean-Michel Blanquer qui doit entrer en vigueur à la rentrée 2019. 

"Cette réforme oppose l’occitan avec d’autres langues ou spécialités", estiment dans un communiqué le Centre Régional des Enseignants d'Occitan de Toulouse (CREO), ainsi que les associations FELCO et IEO, les Calandretas, et la Convergéncia occitana.

Selon elles, "il n’y aura plus la possibilité de prendre l’occitan en 3ème langue pour obtenir des points au bac alors que c’est possible pour le latin ou le grec avec un coefficient plus avantageux (x3)".

 Vers la disparition de l'enseignement de l'occitan ?



"La double peine, poursuivent-elles, vient du rectorat de Toulouse. Il a décidé de supprimer les moyens spécifiques octroyés aux établissements pour l’enseignement de l’occitan. Les lycées et les collèges n’auraient plus de crédits spécifiques alors qu’ils doivent assurer l’enseignement de l’occitan qui concerne plus de 12 000 élèves dans le secondaire."

Pour sa part, le Partit Occitan demande au gouvernement "de modifier le projet de loi qui est mortifère pour l’occitan. "L’Etat doit augmenter les moyens actuels qui sont très faibles pour permettre le développement des enseignements bilingues et optionnels comme c’est le cas pour le basque ou le corse", réclame-t-il, en demandant au rectorat de Toulouse "de ne pas saboter les dispositifs mis en place en partenariat avec les collectivités locales : il doit au contraire s’engager sur des objectifs ambitieux."

Les collectivités locales s'inquiètent du projet de réforme Blanquer


La présidente (PS) de la région Occitanie a dénoncé ce projet de réforme. "Il constitue un recul inacceptable de divers enseignements et notamment de la place et du statut de l'enseignement des langues régionales au Lycée ainsi que de leur valorisation au baccalauréat", a-t-elle réagi. "Les services de l'Etat ont indiqué aux proviseurs une modification dans les dotations horaires pour l'occitan. D'après les informations dont nous disposons, ces heures, sanctuarisées jusqu'à ce jour, seraient dorénavant attribuées qu'au seul enseignement bilingue, et non plus également à l'enseignement de l'occitan comme langue vivante. Ces mesures conduiront à ce qu'un grand nombre d'établissements d'Occitanie voient purement disparaître l'option d'enseignement de la langue occitane. Les proviseurs ne peuvent pas faire aussi bien avec moins de crédit alloué !", ajoute Carole Delga.


Dans un courrier adressé à Jean-Michel Blanquer le 13 février, le maire (LR) de Toulouse Jean-Luc Moudenc attire son attention sur "l’inquiétude suscitée dans la communauté occitane par l’éventuelle disparition de l’enseignement de la langue régionale au lycée."
Jean-Luc Moudenc y plaide "pour un réexamen de la réforme du lycée et du baccalauréat qui laisserait sa place à l’occitan ainsi que la restitution d’une enveloppe de moyens spécifiques pour son enseignement dans l’Académie de Toulouse, où près de 12 000 élèves sont concernés."

Voir le reportage de Luc Truffert et de Manon Bazerque :

 

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