Selon le Canard Enchaîné, des policiers auraient été accordés à Toulouse contre un soutien du maire à Emmanuel Macron

Deux cent policiers pour les six années à venir. C’était la mesure phare du contrat de sécurité signé entre le maire de Toulouse et le Premier Ministre. Pour le Canard Enchaîné, ces moyens auraient été octroyés en échange d’un soutien à Emmanuel Macron pour la prochaine Présidentielle.

Jean Castex et Jean-Luc Moudenc, le 9 octobre dernier, au Capitole pour la signature du contrat de sécurité intégré
Jean Castex et Jean-Luc Moudenc, le 9 octobre dernier, au Capitole pour la signature du contrat de sécurité intégré © Photo MaxPPP/Nathalie Saint-Affre

Jean-Luc Moudenc, maire LR de Toulouse, s’est-il engagé à soutenir Emmanuel Macron pour la prochaine Présidentielle ? Selon l’hebdomadaire satirique, ce serait la promesse sous-jacente à la signature du contrat de sécurité intégré signé en octobre dernier entre le maire de Toulouse et Jean Castex.

Délibération contrat de sécurité Toulouse by France 3 Tarn on Scribd

« Je ne peux pas croire que cet aspect-là des choses ait pu être négocié ! » Monique Iborra est catégorique. Et la députée En Marche de Haute-Garonne de poursuivre : « aujourd’hui, on voit bien que le maire de Toulouse ne va pas sur les positions où on l’attend ». Soutenu par En marche aux Municipales, Jean-Luc Moudenc supporte aujourd’hui le candidat LR aux Régionales.

Il n’y a bien entendu aucun marchandage politique de ce type

Service de presse du ministère de l'Intérieur

« Toulouse avait besoin d’effectifs supplémentaires, le ministre a décidé de les déployer, avec des hausses sans précédent. Il n’y a bien entendu aucun marchandage politique de ce type » assure le service de presse du Ministère de l’Intérieur.

"Nous nous sommes battus et avons obtenu des renforts historiques de policiers nationaux à Toulouse. C'est là l'essentiel. Cela accompagne notre effort constant depuis 2014 de renforcement massif de la police municipale et de la vidéoprotection" explique la mairie de Toulouse dans un communiqué.

Un besoin réel et non une faveur

« M.Moudenc a toujours argumenté pour plus de moyens policiers à Toulouse et ce quel que soit le Ministre et son orientation politique » assure Didier Martinez. Pour le secrétaire régional de Unité SGP Police, ces moyens policiers ne sont clairement pas une faveur. La ville en avait besoin. « On a remis des rapports et aussi des relevés comparatifs pour démontrer notre sous-effectif » insiste-t-il.

Toutefois, le syndicaliste recontextualise. « Depuis plusieurs années, les visites ministérielles se faisaient toujours dans des conditions liées à un fait divers, une fusillade à Marseille par exemple. C’est vrai que ce n’était pas le cas lors des dernières visites à Toulouse. Je laisse les médias interpréter ça… Mais à mon sens ce contrat n’est pas un coup politique ».

Ce contrat m’est apparu très léger

Antoine Maurice, conseiller municipal d'opposition (Archipel Citoyen/EELV)

« Sur la question du deal, honnêtement, je n’en sais rien » avoue Antoine Maurice. Au-delà d’un éventuel « marché entre la Place Beauvau et la Place du Capitole » comme l’intitule Le Canard Enchaîné, c’est le contenu du Contrat de Sécurité Intégré qui interroge l’opposition. « Ce contrat m’est apparu très léger pour des engagements considérables » se souvient l’ancien adversaire de Jean-Luc Moudenc aux Municipales.

Places en crêches et logements réservés

L’élu écologiste développe : « Des places réservées en crèche pour les enfants de policiers, des logements réservés, ça se fait. Mais là, il y avait beaucoup d’avantages et la ville devait aussi fournir une centaine de policiers municipaux. J’ai trouvé tout cela très flou juridiquement. C’est ce qui nous a amené à ne pas le voter ».

« Ce type de contrat est tout à fait habituel. Une fois les policiers arrivés, il faut les fidéliser (d’où l’importance de places en crèche, etc…) Ce qui est dit dans Le Canard Enchaîné est bien entendu sans fondement » assure-t-on au ministère de l’Intérieur.

« Il faut être bien loin des réalités pour s’imaginer que muter en nombre des personnels, à plusieurs centaines de kilomètres parfois de leur lieu de résidence, puisse se faire sans accompagnement ou prise en compte de leurs situations personnelles. Recruter des policiers, c’est bien. Les garder c’est mieux » rajoute dans un communiqué la mairie de Toulouse.

Le plus important, c’est le contrat et la sécurité pour les Toulousains

Alice Dausse, référente En Marche Haute-Garonne

« Le Canard Enchaîné a sa grille de lecture et je la respecte » introduit la référente En Marche en Haute-Garonne ». Pour Alice Dausse « le plus important, c’est le contrat et la sécurité pour les toulousains. Que les policiers aient de bonnes conditions de travail ! Pas d’autre commentaire ».

Des effets à vérifier

Reste à savoir maintenant si ce contrat portera ses fruits et surtout si les engagements qui y sont inscrits seront tenus, à commencer par les effectifs policiers supplémentaires. « Pour 2021, ça a l’air d’être réellement du plus » observe Didier Martinez.

« 40 nouveaux collègues sont d’ores et déjà arrivés et on en attend 70 en septembre. Mais maintenant il faut aussi savoir qu’on a 30 à 40 départs à la retraite par an » tempère le syndicaliste policier. Alors tout ça pour ça ?

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
sécurité société polémique