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Selon une étude, les étudiants renoncent de plus en plus à se soigner

© ERIC CABANIS / AFP
© ERIC CABANIS / AFP

Selon une étude du réseau de mutuelles Emevia, les étudiants consultent de moins en moins de médecins et préfèrent l'automédication, en partie à cause du manque de moyens financiers.

Par Cécilia Sanchez avec AFP

Les étudiants attendent de plus en plus que ça passe. Selon la dernière étude du réseau de mutuelles Emevia publiée mercredi 23 septembre, les étudiants renoncent davantage à se soigner, privilégiant même l'automédication, et moins d'une étudiante sur deux consulte un gynécologue.

Ils sont 54,1% en 2015 à avoir "plutôt tendance à attendre que les choses passent" lorsqu'ils tombent malades, contre 53,5% en 2013, indique la huitième enquête d'Emevia, menée tous les deux ans, et dont l'AFP a obtenue une copie.

Au cours des six derniers mois "15,6% des étudiants" ont renoncé à des soins "pour des raisons financières" contre 17,4% en 2013. Ils sont d'ailleurs plus d'un étudiant sur deux à ressentir des difficultés financières (51,5% en 2015 contre 49,5% en 2013).

Virginie Rivière, directrice adjointe du SIMPPS (Service Interuniversitaire de Médecine Préventive et de Promotion de la Santé) de Toulouse, estime que "les problèmes financiers sont la principale raison" du peu de consultations des étudiants. "Et puis quand on a 20 ans, on se sent en bonne santé."

Dans le service du SIMPPS, pas besoin d'avancer les frais. "Parfois, des étudiants d'autres structures nous sont adressés car ils ne peuvent y avancer les frais", explique-t-elle. D'où l'automédication en paracétamol, doliprane, "rien de grave mais nous les informons du danger d'une telle pratique", raconte le docteur Rivière.

Plus problématique: "Les étudiantes sont 45% en 2015 à avoir eu accès à une consultation gynécologique, contre 48% en 2013". 

L'étude relève par ailleurs que le mal-être s'est aggravé chez les étudiants en deux ans, avec plus d'un étudiant sur trois qui dit avoir de plus en plus de mal à gérer son stress (39,4% en 2015 contre 37,5% en 2013), causé par son orientation, l'approche des examens, les difficultés financières et l'adaptation à une nouvelle vie. "Cela ne va pas en s'arrangeant, estime le docteur Rivière, à cause d'un contexte économique : la fameuse crise qui frappe de plein fouet les étudiants."

Pour le président du réseau mutualiste, Ahmed Hegazy, "les difficultés d'accès aux soins justifient le maintien d'un régime spécifique de sécurité sociale étudiante", plus à même "d'apporter des réponses adaptées à des besoins spécifiques". Malgré de nombreuses critiques et remises en cause, les réseaux mutualistes ont défendu leur spécificité pour des politiques de prévention et de sensibilisation ciblées auprès des jeunes.

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