Témoignages : avocat, commerçant, parent d'élèves, ils nous expliquent pourquoi ils refusent parfois de porter le masque

Pour différentes raisons, ils sont nombreux à refuser de porter le masque en permanence. Bien conscients des risques liés au coronavirus, ils ne veulent pas vivre ou travailler avec cette barrière sanitaire. Ils sont parent d'élève, avocat ou commerçant et forment un groupe très hétérogène.

Qui sont les anti-masques ?
Qui sont les anti-masques ? © Francetv
Ils sont d'horizons très différents mais ils ont un point commun : ils souhaitent avoir le choix de porter le masque ou pas. Parfois pour leur métier, par conviction ou tout simplement pour leur confort, ils revendiquent le droit de ne pas porter le masque dans certaines situations. Ils ne sont ni complotistes, ni réfractaires à l'autorité. Certains refusent de porter le masque, où que ce soit, quand d'autres demandent juste un peu de souplesse.

Interpellée pour refus du port du masque

La vidéo a fait le tour des réseaux sociaux. Le 12 septembre, sur le marché de Saint-Girons, en Ariège, une commerçante refuse de porter le masque. Il est pourtant obligatoire sur le périmètre du marché. Elle avance de nombreux arguments, sanitaires et idéologiques, mais au bout d'une vingtaine de minutes d'échange avec le maire de la commune, le sous-préfet et les gendarmes, elle est interpellée et conduite de force à la gendarmerie.
 

Les gendarmes sont nombreux, et commencent à m’agripper pour m’éloigner de mon stand. Je dis ‘non’ et je résiste à l’oppression en esquivant leurs empoignades, en m’accrochant à ce que je peux pour rester les pieds sur terre. Je leur déclare à haute voix qu’ils n’ont aucune autorité sur moi, je le répète plusieurs fois. Ils ne répondent rien et continuent la séquestration. Ils m’attirent encore plus loin de mon stand, me trainent sur le sol, derrière les arcades, et comme ils ont du mal à me contrôler et m’immobiliser, m’élèvent dans les airs à l’aide de 4 gendarmes, de manière dégradante, ma robe s’ouvre et laisse apparaître mes jambes. Je me contorsionne, dans mon droit de liberté, et résistance à l’oppression.

Nelly, commerçante

 
Une commerçante arrêtée sur le marché de Saint-Girons

Elle a été interpellée et placée en garde à vue pour "rébellion" et "refus de décliner son identité". 
Si le cas de cette commerçante est un cas extrême, de plus en plus de personnes revendiquent une liberté de choix. C'est le cas de cet avocat, confronté tous les jours à la justice. En salle d'audience, il a provoqué un incident en refusant de plaider avec son masque.


Plaider avec un masque c'est enlever 80% du message

Maître Pierre Alfort
Maître Pierre Alfort © Francetv

Pour l'avocat Pierre Alfort, porter le masque durant une plaidoirie c'est se priver d'une grande partie d'un message destiné à convaincre. Au début du mois de septembre, alors qu'il s'apprête à plaider devant le tribunal pour enfants de Toulouse, le magistrat refuse qu'il retire son masque. L'avocat persiste, l'affaire est reportée au mois de novembre.
 

Nous faisons un métier d'oralité. Chaque expression du visage compte. Et on doit nous entendre. Plaider, c'est aussi une expression visuelle. J'estime qu'avec un masque je défends moins bien mes clients.

Maître Pierre Alfort

Au tribunal, une circulaire stipule que le port du masque est obligatoire. Mais la plupart des magistrats accepte que les avocats retirent leur masque le temps de la plaidoirie. 

Quand nous plaidons, nous sommes à 3 mètres de distance. Il n'y a pas de risque. Depuis cette affaire, j'ai plaidé une dizaine de fois, et tous les magistrats ont accepté que je retire mon masque le temps de défendre mon client.

Maître Pierre Alfort

Des élèves qui portent le masque 10 heures par jour : l'inquiétude de certains
parents

Ce sont des mamans inquiètes qui ont fini par monter un collectif : "Laissez nos enfants respirer Occitanie". Leurs enfants sont scolarisés au collège de La Prairie à Toulouse, et en comptant le temps de trajet dans les transports en commun, certains portent le masque de 7 heures du matin jusqu'à 18 heures. Le collectif réclame la liberté de choix.

Une fois qu'ils sont assis en classe, les élèves devraient avoir le droit d'enlever leur masque s'ils le souhaitent. Nous ne sommes pas contre le masque. Nous voulons juste que nos enfants aient le choix. 10 heures par jours c'est trop ! Et c'est très contraignant pour eux.

Sandra Barthélémy, parent d'élèves

 
© Facebook

La visière plutôt que le masque

Pour se faire entendre et avoir l'occasion de discuter avec d'autres parents, le collectif organise un rassemblement ce mardi 29 septembre, devant le collège La Prairie, entre 16 heures et 17 heures 30. 

Nous voulons juste discuter, nous avons même prévenu le proviseur du collège. Nous ne sommes pas en colère. Mais nous sommes inquiets pour nos enfants. Pour les conditions dans lesquelles ils doivent apprendre.

Sandra Barthélémy, parent d'élèves

En attendant de pouvoir retirer le masque, ces parents d'élèves souhaiteraient que les enfants puissent porter une visière en classe. C'est déjà possible dans certains établissements avec un certificat médical.



 
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