Tentative d'intrusion au Conseil régional d'Occitanie par l'extrême-droite : l'audience reportée une 3e fois

Quatre personnes comparaissaient devant le tribunal correctionnel de Toulouse jeudi 8 février pour outrages et violences lors d'une tentative d'intrusion au conseil régional lors d'une séance en mars 2021. L'élu du Lot Emmanuel Crenne comparaissait lui pour outrage présumé, tenu le même jour, à Carole Delga. Mais l'audience a une nouvelle fois été renvoyée, cette fois en mai 2025.

C'est une affaire sans cesse repoussée, et qui l'est une fois de plus. Quatre personnes comparaissaient devant le tribunal correctionnel de Toulouse jeudi 8 février, trois d'entre elles pour outrages sur personnes dépositaires de l'autorité publique et violences volontaires en réunion sur personnes chargées d'une mission de service public. Des faits perpétrés lors d'une tentative d'intrusion au conseil régional d'Occitanie du 25 mars 2021.

L'un des accusés absent car malade selon son avocat

Ce jour-là, ces trois jeunes hommes âgés de 26 à 30 ans (dont deux étaient présents à l'audience aujourd'hui), sont accusés d'avoir déployé une banderole rouge avec une fleur de lys, une étoile et un croissant, sur laquelle on pouvait lire "islamo-gauchistes - traîtres à la France" tout en scandant "Action française !". Le service de sécurité les a empêchés de mener leur action et a pu les refouler.

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Dans cette affaire, le dernier prévenu est le conseiller régional du Lot, Emmanuel Crenne (ex-RN), accusé d'outrage envers Carole Delga le même jour. Finalement, l'audience a été renvoyée après une demande de l'avocat d'Emmanuel Crenne, suivie par le tribunal.

Maître Fabrice Delinde a avancé des raisons médicales pour justifier sa demande, assurant que son client, absent aujourd'hui, a "l'impossibilité de se déplacer" car il "est sous traitement médical lourd". Un motif valable selon lui pour ce report car son client doit être entendu "pour qu'il s'explique car le fond de l'affaire sera politique". 

Une décision "difficile à prendre" pour le président du tribunal

Des arguments qui n'ont pas convaincu la procureure de la République. Elle a rappelé que "c'est la 3e audience" et que le dernier renvoi était déjà à l'initiative de la défense. Après une interruption d'une trentaine de minutes, le tribunal a tranché. "Je ne vous cache pas que c'est une décision difficile à prendre" commentait le président.

Un renvoi total, même pour les trois autres accusés qui comparaissaient pour d'autres faits qu'Emmanuel Crenne. Cette décision a semblé satisfaire les deux militants présents, qui se sont pris en photo devant la salle d'audience à l'issue des débats. 

L'avocat des parties civiles amer à l'encontre d'Emmanuel Crenne

Pour Maître Simon Cohen, avocat du conseil régional et des parties civiles dont Carole Delga, cette décision "n'est pas une surprise" car c'est normal que les parties "puissent s'exprimer". Mais il charge dans le même temps Emmanuel Crenne. "Je pense qu'il ne veut pas comparaître. C'est un acte de lâcheté de sa part, qui ressemble assez aux faits pour lesquels il est poursuivi. Il ne veut pas répondre de ses actes."

L'avocat regrette la date de reprogrammation de l'audience, prévue le 22 mai 2025 à 14 heures. Cela illustre "l'encombrement des juridictions et l'insuffisance des magistrats" selon lui. C'est la troisième fois que cette audience est renvoyée.