Le TGI de Toulouse va-t-il condamner Merck à verser des indemnités aux malades sous Levotyrox ?

Les patients sont représentés par l'avocat toulousain Jacques Levy. / © MAXPPP
Les patients sont représentés par l'avocat toulousain Jacques Levy. / © MAXPPP

Lundi 5 novembre le TGI de Toulouse rendra son délibéré dans l'affaire des plaignants qui ont assigné le laboratoire Merck pour préjudice d'anxiété et moral, à la suite de la prise du Levotyrox nouvelle formule. 42 patients demandent 30 000 euros d'indemnités chacun. 

Par Cécile Frechinos

La décision du TGI de Toulouse pourrait rentrer dans l'Histoire. Pour l'heure seul le laboratoire Servier a déjà été condamné à verser des indemnités pour préjudice d'anxiété aux patients qui avaient pris du Mediator. 

Les patients ayant pris du Levotyrox nouvelle formule estiment avoir subi le même préjudice. Le TGI leur donnera raison ou pas ce lundi 5 novembre.
 

30 000 euros par plaignant


Le préjudice d’anxiété se définit comme un préjudice moral découlant d’une situation d’inquiétude permanente face au risque de déclarer à tout moment une maladie.

Au total 42 plaignants ont assigné le Laboratoire Merck, défendu par l'avocat toulousain Maître Levy, et réclament 15 000 euros chacun d'indemnités pour préjudice d'anxiété, ainsi que 15 000 euros pour préjudice moral. 

Ils demandent également le maintien de la commercialisation de l’ancienne formule et somment le tribunal d’ordonner une expertise afin de pouvoir fixer le préjudice corporel subi par les demandeurs.
 

Toujours pas d'explication 


En juin, la cour d’appel de Toulouse a confirmé la condamnation prononcée en novembre qui ordonnait aux laboratoires Merck de délivrer « sans délai » l’ancienne formule du médicament à 25 patients de Haute-Garonne.

Le Levothyrox, prescrit contre l’hypothyroïdie, a changé de formule en France en mars 2017. Durant l’été 2017, des milliers de patients ont commencé à signaler des effets secondaires parfois très gênants (fatigue, maux de tête, insomnie, vertiges, douleurs articulaires et musculaires et chute de cheveux).

Le troisième rapport de pharmacovigilance sur le Levothyrox, dévoilé en juillet par l’Agence du médicament, ne permet toujours pas d’expliquer la vague des effets indésirables attribués par certains patients à la nouvelle formule de ce médicament pour la thyroïde.

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